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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)159

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L'Histoire libérée

1.Les équipes de travail chinoises

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14 000 colons avaient terminé leurs contrats en 1872 433. Suivant le règlement de 1860, ces Chinois devenaient des étrangers résidant sur le territoire d'une colonie de Sa Majesté d'Espagne et n'ayant à souffrir d'aucun préjudice pour leur condition passée. Ils pouvaient demeurer sujets de l'empire chinois ou être naturalisés espagnols après cinq ans dans l'île. À partir de 1873, date de la nomination d'un consul portugais à La Havane, ils purent obtenir un passeport portugais, suivant un traité entre Lisbonne et Madrid faisant des autorités consulaires portugaises les protecteurs des engagés et de Macao leur lieu de naissance reconnu.

Les Chinois libérés de tout engagement devaient obtenir le droit de résidence dans l'île ; il leur était accordé s'ils se convertissaient au catholicisme et obtenaient la recommandation de deux hommes blancs. Ces dispositions d'un décret du 31 décembre 1868 furent difficiles à appliquer. Les Chinois fraudèrent. Des colons libérés vendirent leur "lettre de domicile" à leurs compatriotes encore sous contrat. D'autre part, des faussaires chinois firent leur apparition, aidés dans leurs activités par l'avidité des cadres administratifs subalternes. Il suffisait d'acheter le silence d'un fonctionnaire pour obtenir un permis de résidence. Celui-ci donnait la possibilité à tout étranger de s'établir dans l'île, d'exercer la profession qu'il désirait et de jouir des droits concédés par Sa Majesté le roi d'Espagne à ses sujets. En retour, le nouveau résident devait renoncer à toute protection de son pays d'origine et obéir aux lois madrilènes. Ce permis était valable cinq ans, à la fin desquels son détenteur avait la possibilité de devenir sujet espagnol à part entière.

Quelles étaient les occupations ouvertes aux Chinois ? Deux tableaux présentent la répartition des métiers suivant les lignes raciales, l'un pour la ville de Cárdenas, l'autre pour l'île, en 1861 434 :

433 Padrón general de colonos asiáticos, 1872, publié dans Boletín de Colonización, 15 octobre 1873.

434 G. A. Chavez, Historia de la jurisdicción de Cárdenas, p. 527.

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