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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)174

D'autre part, ils opposèrent une résistance violente à leur condition, et ne côtoyèrent ni les esclaves, ni les ouvriers créoles. Des relations de rivalité violente semblent avoir existé entre eux et ces derniers. Elles furent décrites par les voyageurs de l'époque et par les Chinois eux-mêmes 464 :

Les deux races vivent à part (Noirs et Chinois) et se détestent de toutes leurs forces [...]. Leur caractère même les oppose. Les coolies sont en général mélancoliques, concentrés et méditatifs, les Noirs au contraire aiment les plaisirs bruyants...

Les vexations subies par les Chinois de la part des Nègres de plantation et des commandeurs esclaves furent décrites par eux 465 :

Nous avons eu beaucoup à souffrir des surveillants, qui, armés de fouets, de couteaux ou d'armes à feu, et la menace à la bouche, féroces comme des tigres, se tenaient sans cesse à nos côtés. Comptant sur l'influence de leurs maîtres, ils nous traitaient comme des chevaux et des bœufs et notre existence dépendait de leur bon plaisir...

Les maîtres aimaient à attiser ces haines 466

Le fils de notre maître aidé par les Nègres se jeta sur nous à coups de couteau ; un natif de Hiangshan fut tué et tous les autres Chinois blessés, mais nous étant emparés des couteaux, nous le tuâmes...

Sur ordre des patrons blancs, des humiliations furent infligées aux colons 467 :

Quand nous nous plaignions d'être malades sur la plantation, on disait à une Négresse de faire de l'eau et si nous consentions à boire cela, on admettait que nous étions malades.

Certains colons contèrent comment ils ne pouvaient pas laver leurs vêtements durant leurs heures de repos sous peine de se voir enchaînés et battus. Ils pouvaient être dénoncés par les Nègres 468. L'antipathie entre les deux races exista et fut entretenue par les Blancs. Des colons témoignèrent 469 :

L'aide de cuisine, une Négresse, que je grondais parce qu’elle était en retard avec le repas du maître m'accusa de l'avoir frappée avec un petit couteau. La cuisinière, une Blanche, envoya chercher la police et je fus arrêté et emprisonné. L'année dernière, je fus témoin de l'assassinat d'un homme de Hiangshan. Un officier du gouvernement vint examiner le corps, mais n'arrêta pas le criminel, un Nègre. Le maître savait que c'était lui qui avait commis le crime mais il se contenta de lui infliger une légère

464 E. Duvergier de Hauranne, "La Isla de Cuba en el siglo XIX vista por los extranjeros, en 1865, Duvergier de Hauranne visita el ingenio Las Cañas", tiré à part de la Revista de la Biblioteca nacional José Martí, La Havane, 1966, p. 30.

465 Chinese Emigration, p. 115.

466 Ibid., p. 158.

467 Ibid., p. 171.

468 Ibid., p. 128.

469 Ibid., p. 157.

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