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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)181

Le seul droit des patrons qui plaçait les colons dans la situation d'esclaves fut abrogé en 1860. Le premier règlement de 1849 stipula 478 :

le colon qui désobéira à son supérieur en refusant de travailler ou de remplir une des douze obligations de son contrat pourra être corrigé de douze coups de fouet, s'il persiste dans sa résistance, de dix-huit coups et, s'il ne prend pas le chemin du devoir, on lui appliquera les fers et on le laissera dormir au bloc.

En 1860, les autorités espagnoles vinrent conseiller aux planteurs de ne pas recourir aux châtiments physiques et d'appliquer d'autres formes de punition, appropriées à des salariés : dix jours d'arrêt forcé de travail avec perte de salaire. En 1866, fut proposé, mais jamais accepté, le projet d'imposer des amendes aux Asiatiques ne réalisant pas leur travail, amendes qui auraient été redistribuées aux colons méritants 479.

Le renoncement à certains de leurs droits civils d'hommes libres ne peut permettre d'assimiler juridiquement les engagés à des esclaves comme le voulurent nombre de témoins de l'époque. Il ne s'agissait là que des obligations de tout travail sous contrat. Les émigrés chinois furent des salariés. Lorsqu'ils témoignèrent en 1874, ils accusèrent leurs patrons, les policiers de l'île et parfois leurs chefs d'équipe de leur avoir dérobé ou escroqué de 100 à 250 pesos, sommes que de très rares esclaves urbains purent réunir grâce à leur location par des maîtres pauvres. L'une des caractéristiques de la condition servile était de réaliser une tâche à vie sans recevoir de rémunération monétaire. Nombre de colons se trouvèrent en position de racheter leurs contrats. Une clause du règlement de 1854 le leur permettait.

Mais l'obstination des coolies à faire respecter les clauses de leurs contrats les affirmant des hommes libres furent autant d'actes inconciliables avec le maintien de l'ordre sur les plantations 480 :

La seule idée de querelle entre colons et patrons est dans la pratique un principe de désordre que, Dieu le veuille, nous puissions éviter. Il est inconcevable que des hommes méprisés par des esclaves noirs exercent sous leurs yeux le droit de questionner le maître ; le prestige de ce dernier est dans nos exploitations la principale garantie de l'ordre, et je pense qu'il faut toujours le renforcer. Forcément, comme il y a octroi de salaires, il y a un débiteur et un créditeur, et ce fait est à l'origine de problèmes plus ou moins graves...

478 F. Erenchun, Anales de la Isla de Cuba, año de 1855, p. 1057.

479 Información sobre reformas en Cuba y Puerto Rico, p. 152.

480 U. Feijóo de Sotomayor, Inmigración de trabajadores españoles, documentos y memoria escrita sobre esta materia, p. 101.

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