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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)190

petits commerçants, des musiciens, des paysans ce que la présence des secteurs paysan et artisanal dans l'économie insulaire leur permettait aisément, mais ils ne pouvaient devenir maître d'importants ateliers d'esclaves et propriétaires de larges concessions de terre. Ce privilège était celui des planteurs et un élément de couleur ne pouvait être un planteur.

Durant les années prospères de 1820 à 1850, des éléments de couleur, issus de familles d'affranchis du XVIIIe siècle, s'enrichirent et achetèrent nombre d'esclaves.

Comme exemples de bien-être économique, apporté par un métier, nous pouvons citer parmi les chefs de débardeurs Antonio José Onoro, noir libre, de nación carabalí isuama, marié avec Maria Josefa Columba, aussi carabalí, qui à sa mort en 1836 laissa quatre maisons et sept esclaves. Il fit don d'autre part de 3 000 pesos aux filles d'anciennes esclaves qu'il avait eues. Lucas Coler, noir libre, de nación mandinga, laissa en 1831 une petite "maison de crépi et de chaume", évaluée à 885 pesos. José Maria Fuertes, noir libre, de nación carabalí isuama, premier sergent de bataillon de Noirs libres, marié à Maria del Carmen Meza, de nación lucumi [...] laissa à sa mort en 1833 six maisons représentant une valeur de 7 533 pesos, dix esclaves évalués à 2 500 pesos et quatre esclaves en voie de rachat représentant la somme de 950 pesos, ce qui donna un total de 10 831 pesos. Et finalement, José Agustín Ceballos... travailla durant trente-six ans sur les quais, accumulant un capital supérieur à 35 000 pesos 506.

D'autres métiers valurent le même bien-être économique à des Mulâtres ou Noirs libres : Ramón Agramonte, charpentier, maître de plusieurs esclaves et propriétaire d'une maison évaluée à 30 000 pesos 507

jouit d'un solide crédit à La Havane entre 1825 et 1843. Ceci est confirmé entre autres choses par les opérations qu'il réalisa avec le colonel de chevalerie don Miguel de Cárdenas, propriétaire de la plantation El Intrépido, située dans le district de Macuriges, à qui il prêta la somme de 8 960 pesos ... et d'autre part avec don Juan Manuel R. Foricos de qui il obtint le 18 mai 1840 un prêt de 3 250 pesos.

On parla à Cuba de couleurs réelle et légale, la seconde définissant la première. Ce fait est mis en évidence par les commentaires des autorités civiles à propos des demandes d'autorisations de mariage entre personnes de races différentes. L'ordre de 1805, faisant obligation aux membres des grandes familles de l'île de faire preuve de leur pureté raciale, fut applicable à toute personne de race blanche à partir de 1806, suivant le principe politique que :

le concubinage de la race de couleur avec la race blanche est ... un problème d'importance et dangereux. Il ne s'agit pas seulement de la simple offense aux préceptes religieux, ni de la violation des bonnes manières, mais surtout de la

506 P. Deschamps-Chapeaux, "Historia de la gente sin historia". el negro en la economía habanera del siglo XIX : Agustín Ceballos, capataz de muelle", Revista de la Biblioteca nacional José Martí, La Havane, n° 1, janvier-avril 1968.

507 Ibid.

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