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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)24

14 varas, soit 12 m. 1 vara, mesure espagnole pouvant varier de 84 à 110 cm, équivalait à Cuba à 85 cm. Lorsque les matières végétales qui recouvraient le sol étaient suffisamment sèches, le feu y était mis. Cette opération était répétée deux fois, puis les cendres répandues uniformément sur le sol en guise d'engrais 24.

Les terres défrichées et divisées, les cannes mères devaient être mises en terre. Sur la largeur du terrain, des lignes parallèles étaient tracées au cordeau et marquées à l'aide de craie, de cendre ou de sable. Des fosses de 18 pouces de longueur, de 12 de largeur et de 6 à 8 pouces de profondeur étaient creusées 25. Le plantoir 26 ou la houe étaient les outils requis pour ce travail dans des terrains écobués, pierreux et comportant encore des racines d'arbres et d'arbustes. Au XIXe siècle, les plantoirs de fer remplacèrent ceux de bois. Dans ces fosses ouvertes, étaient disposées les boutures. Aucune portion du plant ne devait être exposée à l'air et à la lumière, aussi

on coupait l'extrémité supérieure de la bouture au niveau du sol et on la recouvrait de terre, en manière de buttage, afin de la préserver de la sécheresse et de la forcer à ne produire que des pousses profondes, bien enterrées, qui trouvent plus de nourriture dans la terre que des pousses superficielles 27.

L'outil utilisé pour cette tâche était la machette "sorte de lame droite ou courbée sur le plat, dont les dimensions varient de 20 à 30 cm de longueur, sur une largeur de 8 à 9 cm et une épaisseur proportionnée 28".

Une rapide exécution des travaux était obtenue en répartissant les esclaves en quatre groupes :

Les premiers placés au bord de la pièce, […] coupent les cannes en morceaux, les seconds ouvrent les fosses […] les troisièmes placent deux, trois et parfois quatre cannes parallèlement dans les trous, laissant un espace entre elles de deux doigts. Les derniers recouvrent les boutures de terre 29.

24 "Les opérations de défrichage étaient désignées en espagnol par les termes suivants : chapeo pour la coupe des herbes et arbustes, tumba pour celle des arbres et quema pour la mise à feu du futur champ. Les champs de canne ou quartiers ou pièces, canaverales en espagnol, ont souvent 100 m de côté, soit un ha de superficie, mais il n'est pas rare qu'on dépasse cette mesure. À Cuba, par exemple, la caballeria de 13,42 ha se partage habituellement par fractions de 1/8e, 1/6e, 1/4 ou 1/3, les champs ont alors pour surfaces usuelles 16,775 m2, 22,367 m2, 33,550 m2 ou 44,733 m2." N. Basset, Guide pratique du fabricant de sucre, p. 492.

25 Blachette et Zoéga, Manuel du fabricant et du raffineur de sucre, p. 18.

26 "Qu'on se figure une espèce de piquet, presque conique, de plus de 1,50 m de long, sur un diamètre de 5 à 6 cm à l'une des extrémités et se terminant presque en pointe à l'extrémité inférieure. Si l'on comprend que cette dernière portion est garnie de fer, on aura une idée approchée de cette machine". N. Basset, Guide pratique du fabricant de sucre, p. 320. Cet outil semble être le même que celui qu'utilisaient les Indiens de Cuba pour la culture du mais à l'arrivée des Espagnols.

27 N. Basset, Guide pratique du fabricant de sucre, p. 520.

28 Ibid., p. 536.

29 M. Moreno Fraginals, El ingenio, complejo económico y social cubano del azúcar, p. 91.

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