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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)26

La récolte terminée, les tâches de désherbage recommençaient afin de faciliter le développement des repousses. Il était de coutume à Cuba de procéder à deux, trois ou quatre sarclages durant les semaines qui suivaient la coupe 34. C'était le seul travail réalisé dans les canneraies jusqu'à la prochaine récolte. À Cuba, chaque quartier donnait en moyenne quatre à cinq récoltes, à la suite desquelles il était abandonné et de nouveaux champs ouverts. Le cycle de la culture de la canne à sucre recommençait.

2.Le secteur manufacturier

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La nécessité déjà mentionnée de broyer les cannes peu après leur coupe rend obligatoire la proximité du moulin et des canneraies, elle explique la relation étroite existant entre la capacité d'absorption du secteur manufacturier et les étendues de cannes plantées. Quelle était cette relation dans les habitations créoles de Cuba au début du XIXe siècle ?

La composition d'une canne à sucre mûre est approximativement de 70 % d'eau, de 14 % de fibres, de 13,5 % de sucre et de 2,5 % d'autres matières solides. L'élaboration du sucre consiste à séparer celui-ci des éléments qui composent toute tige de canamelle. Les premiers sucres obtenus dans les Antilles espagnoles furent, suivant le témoignage de Bartolomé de Las Casas rapporté par Fernandez Ortiz 35, le fruit de la technique indienne. Les indigènes de l'île utilisaient un instrument de bois, dénommé cunyaya, qui fut décrit comme une presse à levier (prensa de palanca36. Ces installations trop rudimentaires pour les besoins des colons furent remplacées par des moulins semblables à ceux utilisés dans les plaines andalouses. Ils consistaient en deux meules cylindriques tournantes, actionnées par une roue centrale mise en mouvement par des chevaux, et étaient dénommées trapiches 37 ou cachimbos 38. Ils tombèrent vite en désuétude, leur faible capacité de production les condamnait : ils ne broyaient que deux à trois tonnes de cannes par jour et la quantité de sucre obtenue était de quelque 325 lb quotidiennes 39. De nouveaux modèles furent introduits, dont la capacité était double. Ce fut Gonzalès de Velosa,

34 A. Reynoso, Ensayo sobre el cultivo de la caña de azúcar, p. 195.

35 F. Fernández Ortiz, Contrapunteo cubano del tabaco y el azúcar, p. 16.

36 A. Maurizio, Histoire de l'alimentation végétale de la préhistoire jusqu'à nos jours, p. 282.

37 Trapiche : terme désignant ces moulins dont les rouleaux de bois ou meules étaient rangés sur une même ligne.

38 Cachimbo : l'origine de ce terme et sa relation avec la fabrication du sucre ne sont pas très claires. Le mot espagnol le plus proche est cachimba, qui désigne une pipe et par extension un four. Les dictionnaires donnent traditionnellement à ce mot une origine arabe, mais un auteur cubain, José Arrom avance que cette origine pourrait être indienne. Cachimba désignait chez les Indiens Tainos, indigènes de Cuba, un trou dans la terre servant à recueillir l'eau de pluie ou à faire un feu. J. Arrom, "Presunto africanismo de unos topónimos antillanos", Boletín de filología española, nos 28-29, 1968.

39 F. Fernández Ortiz, Contrapunteo cubano del tabaco y el azúcar, p. 351.

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