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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)32

occupés durant un mois et demi à ces tâches 54.

Le secteur manufacturier requérait une main-d’œuvre moins nombreuse. Une dizaine d'artisans surveillait les installations, réparait les machines et pièces endommagées, une autre dizaine était affectée aux travaux de la purgerie, lorsque le maître s'intéressait à la production de sucre terré. De manière permanente, ces esclaves devaient surveiller l'écoulement des mélasses, changer les formes de site et de position et procéder au séchage progressif des pains. Quant à la sucrerie, qui ne fonctionnait que durant la période de la récolte, elle employait sept esclaves. Le moulin nécessitait un groupe de huit esclaves qui l'approvisionnaient en cannes, surveillaient les attelages et la marche des rouleaux.

Ces chiffres mettent en évidence le bas niveau technique de l'industrie sucrière au début du XIXe siècle et l'importance de la main-d’œuvre qui en résultait. Le secteur agricole était à la base de tout accroissement de la production de sucre, et l'extension des champs impliquait une hausse du nombre des esclaves. Comme la mortalité entre ces derniers était élevée, 4 à 5 % à l'année et plus, et leur remplacement naturel nul, les planteurs devaient investir des capitaux supplémentaires dans la force de travail de leurs propriétés. Les cas de plantations comportant plus de 100 esclaves durant les années 1800-1810 étaient fréquents. Le nombre des esclaves augmentait dans l'île au fur et à mesure que de nouvelles terres étaient ouvertes, des bois rasés et des chemins vers La Havane tracés à l'intérieur des provinces occidentales.

La logique de la plantation esclavagiste se révélait identique dans le secteur de l'élevage. Toute multiplication des pièces cultivées demandait plus d'animaux de trait utiles au transport des bois, des cannes et parfois au labourage lors de la période de plantation. Mais ce fut le moulin qui absorba la force de la plupart des attelages. Un ancien sucrier écrivait :

54 R. de la Sagra, Cuba en 1860, o sea el cuadro de sus adelantos en la población, la agricultura, el comercio y las rentas públicas. Suplemento a la primera parte de la historia política y natural de la Isla de Cuba. Suivant cet auteur, 10 esclaves étaient affectés aux tâches de la purgerie durant la récolte, 7 à ceux de la sucrerie, 8 au moulin, 5 à la surveillance et au maintien du bétail, 10 étaient artisans (forgerons, charpentiers), 2 gardiens, 10 environ enfuis. On apprend encore que 5 d'entre eux surveillaient les gangs d'esclaves. Des 100 esclaves constituant la main-d'œuvre d'une habitation produisant 10 000 arrobes de sucre blanchi, 43 demeuraient disponibles pour les travaux des champs lors de la récolte. Mais les esclaves travaillant dans la sucrerie étaient les mêmes que ceux qui charroyaient les cannes, travaillant huit heures dans les champs, huit heures à la fabrication du sucre. Il restait ainsi 36 esclaves pour le travail dans les canneraies, dont 20 coupaient les cannes et 16 les ramassaient et les chargeaient. À raison de 400 arrobes de cannes coupées par jour par esclave, 43 jours étaient nécessaires à la récolte des 350 000 arrobes. Le nombre de journées requis était de 43 x 36 esclaves + 43 x 7 esclaves x 1/2 (1/2 journée pour les charretiers) = 1 698. Mais la récolte durait plus que ce temps idéal d'un mois et demi, car la plantation de 4 caballerias s'étendait sur toute l'année parfois, empiétant sur celle de la récolte. D'autre part, il faut compter avec les arrêts pour incidents mécaniques et les maladies ou accidents des esclaves.

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