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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)36

San José de los Dolorés, La Ninfa, La Asunción, San Miguel qui produisaient respectivement 40 982, 29 179, 29 000 et 32 364 arrobes de sucre 64.

Mais cet avantage gagné, l'organisation de la fabrication du sucre ne changea en rien :

Durant son étape initiale, la vapeur ne provoqua aucune modification dans le flux de la production […]. La plantation, avec son grand moulin de fer et sa machine à vapeur, put augmenter sensiblement sa production, et à un degré infime, ses rendements, mais en ce qui concerne le flux de la production, l'organisme resta intact Les machines à vapeur appliquées au moulin déterminèrent un regain d'activité du système esclavagiste, sous la forme d'un procès d'exploitation continue et bestiale. En ce sens, les machines furent une malédiction pour les esclaves. L'observation la plus sagace de l'époque apparut dans la bouche d'un prêtre du roman "Cecilia Valdés" : Pourquoi dans les moulins à vapeur, y a-t-il plus de rébellions d'esclaves que dans ceux qui broient les cannes avec des attelages de bovins ? 65

L'introduction de la vapeur provoqua l'extension des surfaces cultivées afin de répondre à la nouvelle capacité productive du moulin. La caractéristique de la manufacture sucrière traditionnelle n'avait pas disparu avec l'apparition de la vapeur : la croissance se faisait de manière arithmétique. Simultanément les quelques avantages que le lent développement économique de l'île avait octroyés aux esclaves de Cuba furent annulés par l'introduction de la machine à vapeur. Les journées de travail furent allongées jusqu'à une durée de 15 heures, et les jours de fête réduits. La détérioration de la condition des esclaves entre 1820 et 1850 fut la conséquence directe de l'introduction des machines à vapeur dans les plantations. Les planteurs se trouvaient à nouveau face au problème de la limite de la rentabilité de leurs exploitations. Il fallait ajuster tous les travaux artisanaux des secteurs agricole et manufacturier à la nouvelle vitesse imposée par les moulins et cela ne pouvait être obtenu qu'à l'aide de nouveaux esclaves, d'une rationalisation des tâches et d'une exploitation plus grande de la force de travail :

Le premier pas, l'addition d'esclaves, provoqua la croissance exagérée des manufactures jusqu'au point limite de rentabilité économique. Naturellement, cette limite ne peut être calculée que d'une manière empirique... Il est intéressant de voir comment, sans pouvoir trouver d'explication mathématique, les planteurs restèrent perplexes en face de ce phénomène pour eux incompréhensible : en ajoutant des esclaves, la production gagnait seulement des marges minimes, ne progressait pas, et, parfois diminuait 66.

64 Ibid., p. 19.

65 M. Moreno Fraginals, El ingenio, complejo económico y social cubano del azúcar, p. 111.

66 M. Moreno Fraginals, "Desgarramiento azucarero e integración nacional", Revista de la Casa de las Américas, 62, septembre 1971, p. 8.

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