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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)66

L'agression des pays occidentaux contre les provinces de la Chine du sud ne fit qu'accélérer la crise interne que connaissait la région. Dans les années 1830-1840, l'Angleterre chercha à s'ouvrir les portes de la Chine pour écouler ses produits indiens ; les ventes d'opium furent la raison de la première guerre sino-anglaise, qui se solda en janvier 1841 par la cession de Hong-Kong et l'ouverture du port de Canton au trafic britannique. Pourtant les deux gouvernements ennemis se montrèrent insatisfaits de l'accord intervenu et la guerre reprit. La flotte anglaise occupa Ningpo en mars 1842, Shanghai en juin et quelques-uns de ses bâtiments remontèrent le Jiangzi menaçant Nankin. La Chine capitula, un traité de paix fut signé à Nankin le 29 août 1842. Les clauses étaient sévères : cinq ports des côtes méridionales étaient ouverts au commerce anglais, qui obtenait d'autre part un droit de libre circulation de ses marchandises sur le sol chinois.

Les autres nations occidentales ne virent pas sans s'inquiéter cette nouvelle influence incontestée de l'Empire anglais en Chine. Elles exigèrent la reconnaissance des mêmes privilèges pour chacune d'elles. La situation de la Chine, en proie à la rébellion des Taiping les incita à de nouvelles exigences que les représentants anglais furent les premiers à formuler : accès plus libre à l'intérieur du territoire chinois, navigation sur le Jiangzi, répression de la piraterie qui coûtait cher au trafic étranger, réglementation de l'émigration cantonaise. Afin d'obtenir satisfaction, les autorités anglaises provoquèrent un nouveau conflit. La France, et les États-Unis se joignirent à l'Angleterre dans cette nouvelle guerre de mise à sac des provinces chinoises du sud : Canton fut ravagée lors d'une expédition en décembre 1857. Le gouvernement chinois se montra prêt à traiter : l'accord de 1858 autorisait le libre commerce occidental sur tout le territoire chinois. Par mille ruses, la Chine rendit impossible l'application de ce traité ; les hostilités reprirent en 1859, et le 13 juin 1860, les troupes françaises, américaines et anglaises entraient dans Pékin. La Chine dut accepter les conditions imposées par les vainqueurs. L'une d'elles concernait l'émigration des sujets chinois officiellement autorisée par l'article 5 du traité de Pékin. Le décret impérial de 1718 qui punissait tout Chinois tentant de s'exiler était lettre morte. Entre 1861 et 1871, les autres pays européens signèrent des accords qui leur donnèrent droit aux mêmes privilèges que ceux obtenus par l'Angleterre. L'émigration chinoise vers l'Espagne et ses possessions fut autorisée à partir de 1864 : l'isolement de la Chine s'achevait par l'irruption des nations occidentales sur les côtes des provinces de Guangdong et de Fujian.

Les planteurs de Cuba bénéficièrent de l'intervention anglaise en Chine. Ils signèrent des contrats avec les compagnies anglaises d'Amoy qui recrutèrent des travailleurs chinois pour les plantations créoles. Mais, l'opposition du gouvernement britannique à ces transactions conduisit les planteurs à se replier sur Macao. Cette colonie fondée en 1577 était le plus vieil établissement européen en Orient. C'était en fait une rade pleine d'alluvions, très difficile d'accès que les Portugais s'étaient arrogée. Les Chinois ne reconnurent jamais la concession de cette presqu'île, car seule la corruption avait permis au gouvernement lusitanien

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