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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)69

Les derniers vapeurs amenant des sujets chinois à Cuba, arrivèrent en 1874. 124 813 hommes avaient touché les côtes havanaises 157.

3.La concentration financière

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Grâce à ce courant d'immigration, la crise de l'esclavage qui, selon les vœux des autorités anglaises, devait ruiner les colons créoles de Cuba, se transforma en une ère de prospérité. De 1850 à 1868 la production sucrière tripla 158. La concurrence de l'industrie sucrière européenne avait pourtant réduit la part des sucres coloniaux sur le marché mondial : en 1853, 14 % des achats effectués sur ce marché concernaient des producteurs européens, en 1884, la production coloniale, définitivement détrônée, représentait à peine la moitié des transactions 159. Arrivées d'engagés cantonais dans le port de La Havane et tonnages de sucre exportés connurent une croissance parallèle de 1847 à 1874 160. Entre 1860 et 1870, on compta dans l'île de Cuba, trente unités entièrement mécanisées, absorbant les récoltes de milliers d'hectares et occupant des ateliers de plusieurs centaines d'esclaves et de travailleurs sous contrat. L'unité Las Cañas comprenait, en 1873, 629 ha de canneraies auxquelles s'ajoutaient 134 ha appartenant à des "colons" 161, la plantation España disposait de 938 ha sous culture dont 67 aux mains des colons.

Des capitalistes créoles et métropolitains, des marchands, courtiers, latifundistes, grands planteurs furent les promoteurs de ce mouvement d'importation de main-d’œuvre asiatique. En effet, cette dernière entreprise, de pure spéculation, leur rapporta des bénéfices impressionnants. Le trafic établi entre La Havane et la Chine du Sud permit à ce groupe de promoteurs d'industrialiser les plus grandes habitations de l'île et d'établir une abolition progressive de l'esclavage, sans indemnité de l'Espagne. Des chiffres ont été avancés se rapportant au solde avantageux de ce trafic : 80 millions de pesos actuels 162. Les planteurs qui possédaient les plus grandes manufactures de l'île furent les seuls à avoir accès à ces profits colossaux. Le plus souvent, ils avaient été les instigateurs, les organisateurs et les bénéficiaires des expéditions sur les côtes africaines. L'importation de main-d’œuvre asiatique fut la source de profits nécessaires au maintien des grandes plantations. La lutte fut dure entre planteurs, gouvernement métropolitain et banquiers afin de dominer ce qu'il est devenu coutume dans l'histoire cubaine de dénommer la traite des Jaunes.

157 Suivant les chiffres présentés dans les différents numéros du Boletín de Colonización, Revista quincenal publicada por la Comisión central en la Isla de Cuba.

158 R. Guerra y Sánchez, Manual de historia de Cuba, p. 176.

159 H. Jenks Leland, Nuestra colonia de Cuba, p. 56.

160 Les tableaux présentant ces deux séries de chiffres sont reportés en annexe 7.

161 F. Rosillo y Alquier, Noticia de dos ingenios, p. 11 et 34.

162 Pérez de la Riva, La trata amarilla. Le peso cubain vaut un dollar.

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