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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)83

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La traite des Jaunes

1. Qui furent les engagés ?

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Les premiers arrivants Chinois vinrent des Philippines en 1847. Ils ne furent guère appréciés des planteurs qui les jugèrent inaptes aux travaux agricoles. La plupart semble avoir été des petits commerçants peu enclins à accomplir les tâches des canneraies et des manufactures de l'île. Ils restèrent dans l'histoire de Cuba sous le nom de Chinois de Manille (Chinos de Manila), assimilés en cela aux Chinois amenés, les siècles précédents, à bord des galions espagnols qui faisaient le voyage des Philippines à Acapulco. Le second courant d'immigration arriva de Swatao et d'Amoy, alors que ces ports n'étaient pas encore interdits aux maisons de commerce créoles et espagnoles. Le nombre des hommes en provenance de la province de Fujian peut être estimé à 20 000 suivant les listes des expéditions publiées dans le Boletín de Colonización. Ils furent dénommés "Joló" à Cuba, d'un terme chinois, "Hokkien", nom local de la province du Fujian. Nombre de ces immigrants appartinrent en réalité à un groupe ethnique particulier, celui des "Hakka" (kè jīa). Lorsque, vers 1850, le centre du trafic s'établit à Macao, la majorité des émigrés fut recrutée dans les districts proches de la ville de Canton : "Sé Yap", Gāo Gōng, Shùn dé. Les habitants de ces zones étaient établis sur les multiples bras et îles qui composaient le delta des Perles. Les plus nombreux vinrent du district de Gāo Gōng, dit des "neuf rivières", dont le centre urbain était Nán Hăi, situé à l'ouest de Canton 179. La proximité de Macao facilita encore le recrutement d'hommes du district de Gāo Gōng.

L'origine sociale des émigrants est difficile à cerner, un fils de coolie décrivit ainsi la zone d'où provinrent grand nombre d'engagés, le district de Gāo Gōng 180 :

Les habitants de cette région étaient regroupés en petites communautés fermées, chacune possédant son dialecte propre [...]. Les valeurs historiques traditionnelles étaient conservées dans ces groupes et on peut dire que chaque îlot avait une identité

179 J. L. Martin, De donde vinieron los Chinos, Jaca, Joló y los amoyanos en la vida cubana, p. 6.

180 Ibid., p. 7.

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