X hits on this document

597 views

0 shares

0 downloads

0 comments

91 / 240

Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)91

Des témoignages permirent d'apprendre que des expéditions entières s'étaient perdues en mer. Parfois le désastre n'était pas aussi total et les engagés arrivaient sous le contrôle des armes à La Havane, un tiers ou la moitié d'entre eux disparu. Le vapeur américain Norway perdit 133 Chinois durant une traversée de 105 jours, la moitié de ces derniers ayant péri lors d'une mutinerie. La rébellion la plus connue fut annoncée brièvement par la Gaceta de La Habana, le 21 janvier 1860 :

La frégate Flora Temple (voilier de 1 915 tonnes, de drapeau américain, construit à Baltimore en 1853) qui naviguait en direction de La Havane avec 800 coolies à bord, a naufragé dans les mers de Chine.

Deux jours après sa sortie de Macao, le 8 octobre 1859, une révolte avait éclaté à bord : le capitaine dut prêter plus d'attention à la rébellion et aux combats qui s'ensuivirent qu'à la navigation, le bâtiment s'abîma sur des récifs.

4.Les routes et les ports

Retour à la table des matières

Amoy fut le point de départ des premières expéditions lorsque Tait and Co. fournissait aux Créoles la main-d'œuvre nécessaire à leurs plantations. À partir de 1855, Macao devint le centre du trafic. Grâce à la liste des 338 expéditions publiée dans le Boletín de colonización, nous apprenons que Hong-Kong, Canton, Manille, Saïgon, Swatao, Whampoa furent parfois aussi des points d'attache des navires. La présence de Whampoa rappelle celle des bâtiments français qui pouvaient pénétrer l'estuaire de Chi Kong (Xi-Jiang). La navigation était réglée suivant les moussons. Les expéditions quittaient la Chine d'octobre à mars, voyageaient de trois à quatre mois avant d'apercevoir le Cap de San Antonio et arrivaient à La Havane de février à août. La grande route des voiliers passait par Gran Natoena, Billitoa, les détroits de Gaspar et de la Sonde, les caps de Sainte-Marie et de Bonne Espérance et l'île Sainte-Hélène où on faisait escale pour renouveler les réserves d'eau. On reprenait la mer pour rejoindre l'île de l'Ascension, Cayenne, La Barbade, La Trinité et longer les côtes méridionales de Cuba. Le retour se faisait en suivant d'autres itinéraires afin d'assurer la vente du fret du sucre. Les voiliers et vapeurs allaient toucher les côtes américaines à New York puis traversaient l'Atlantique pour aborder en Europe. Les compagnies maritimes crurent pouvoir emprunter l'isthme de Panama à partir de 1865, mais la Colombie, pays indépendant et opposé à l'esclavage, refusa la présence, même momentanée, sur son territoire d'hommes traités à ses yeux comme des esclaves. Le Canal de Suez ne fut guère emprunté, car il ne fut ouvert à la navigation que lorsque le trafic était sur son déclin.

Les vapeurs suivirent les mêmes routes que les grands voiliers. À partir de 1865, ils assurèrent la majorité des expéditions, leur supériorité technique leur permettant de réaliser le long voyage en moins de trois mois. Une escale en Indonésie était nécessaire pour le ravitaillement en carburant. Les capitaines des voiliers n'avaient jamais commis l'erreur de toucher les côtes de contrées où

Document info
Document views597
Page views597
Page last viewedThu Dec 08 02:43:08 UTC 2016
Pages240
Paragraphs3347
Words101954

Comments