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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)97

Le propos des grands planteurs était de mettre en place une nouvelle industrie sucrière grâce à la main-d'œuvre chinoise, il fut mené à bien : la juxtaposition des chiffres de la population coolie et de la production sucrière des quatre régions de plantation de l'île en 1861-1862, le montre 213. 44 %des engagés résidèrent dans les zones où près de la moitié de la production sucrière était obtenue c'est-à-dire dans les trois régions nouvellement ouvertes aux canneraies et dans certaines de Matanzas, zone sucrière plus ancienne. Le développement récent des plantations dans les trois premières était à l'origine de leur équipement en nouvelles techniques européennes. La liste présentée ci-dessous des unités créées à Cuba entre 1850 et 1860 met à jour l'importance du groupe chinois en leur sein. Mécanisation des manufactures et main-d’œuvre chinoise allaient de pair.

Juridiction

% de la production sucrière de l’île

% de la population esclave de l’île

% de la population coolie de l’île

Cárdenas

13

9

13

Colón

17

11

14

Sagua la grande

8

6

8

Matanzas

10

11

9

Total

48

37

44

Les engagés travaillant dans ces plantations se trouvèrent aux côtés des plus importants groupes d'esclaves de l'île. Les nouvelles unités, dont la capacité de production pouvait atteindre de 15 000 à 20 000 caisses de sucre, requéraient une abondante main-d’œuvre agricole, qui fut composée d'esclaves. En 1857, le recensement des esclaves citait dans la juridiction de Cárdenas 173 plantations regroupant plus de 80 esclaves 214. Furent dénombrées 42 plantations de la même importance dans la juridiction de Sagua et seulement 13 dans celle de Matanzas. En 1862, 90 % des esclaves de ces juridictions étaient inscrits dans des établissements agricoles 215 dont la plupart étaient des plantations sucrières semi-mécanisées. La liste des principales plantations de Cuba met en lumière un fait primordial lors de l'étude de l'immigration chinoise à Cuba. Au moment où des milliers de Cantonais touchaient le sol de Cuba, le système du travail esclave demeurait la charnière principale sur laquelle s'articulait l'économie de l'île. Si, politiquement, l'oligarchie esclavagiste de Cuba était menacée, elle n'en demeurait pas moins la clé de voûte de la société créole. De 1847 à 1874, tandis que plus de

213 Ibid., p. 1887-1889. Les calculs ont été effectués à partir de ces données et de celles publiées dans le recensement de 1862, T. Armildez, Censo de la Isla de Cuba, año 1862.

214 Archivo histórico nacional, Sección Ultramar-esclavitud, legajo 3553.

215 On comptait alors :

Juridictions

Esclaves ruraux

Esclaves urbains

Cárdenas

24 553

3 032

Colón

32 871

631

Matanzas

32 219

6 751

Sagua

19 150

1 170

A. Toledo, Censo de la Isla de Cuba, año 1862.

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