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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)10

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Il est vain en effet de découper le monde rural antillais en sous-ensembles indépendants, alors que chaque île est elle-même si étroitement articulée avec une métropole. Les nombreux travaux historiques, économiques et sociologiques sur la Plantation nous ont clairement démontré combien celle-ci a tenu un rôle dominant dans l'organisation et l'évolution de la totalité du monde rural antillais, et, au-delà, de la société insulaire. Mais ils ont aussi montré que, dans le rapport international, cette plantation est elle-même le relai soumis, d'une domination économique et politique qui a son siège hors de l'île. Système ancien, qui a longtemps évolué sans se briser malgré les chocs de L'histoire. Mais, maintenant... à l'heure où la Plantation chavire, que se passe-t-il dans tes campagnes antillaises ? Libération sociale, recentrement économique, technique et culturel, ou autres formes de soumission ?

Le travail d'équipe dont Raymond Massé., après y avoir directement participé, présente ici la synthèse, se proposait d'apporter quelques réponses a ces questions. A mesure que la départementalisation se concrétisait, les contradictions entre la société de plantation et une société économiquement développée se multipliaient. L 'équilibre antérieur, ébranlé, voyait se libérer les tensions qu'il avait contenues. Migrations des prolétaires ruraux, abandon des petits agriculteurs, réduction généralisée de l'emploi traditionnel s'accompagnaient de changements radicaux des perspectives d'avenir des individus, poussant a des choix qui, a moyen terme semblaient remettre en question l'ensemble de la société.

Paysans en mutation sous une action externe, ces ruraux qui dépendaient jusque-là de la plantation, allaient-ils pouvoir prendre une place nouvelle ? Les terres que l'on morcelait allaient-elles leur permettre de s'intégrer dans une économie nouvelle en y tenant un rôle plus autonome ? Les sources de changement venues de l'extérieur laisseraient-elles aux forces internes à la société l'occasion de les relayer ? Quelles disparités nouvelles, quels remaniements écologiques verrait-on apparaitre ? Mais surtout, y aurait-il là, enfin, la rupture d'une dépendance constante depuis les origines de la plantation, ou un simple réaménagement des soumissions ?

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