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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)103

cultures vivrières aux cultures d'exportation qui ont été de tous temps les causes fondamentales des problèmes de la petite paysannerie. Il ne faut pas oublier que la propriété foncière a toujours été le fondement du pouvoir politique. La non-possession du sol consacrait la sujétion de la masse paysanne aux propriétaires des moyens de production, (terre, usines, distilleries).

Malheureusement la crise de l'économie de plantation n'a rien changé à cette situation dans la mesure où même si les grandes plantations laissent une part de plus en plus grande de leurs terres en friche et donc distribuent moins de salaires agricoles, elles ne peuvent se résoudre à les morceler pour les rendre disponibles, à un prix abordable, préférant spéculer.

Le concept de "degré d'intégration dans le système de plantation" est donc inapte à expliquer les problèmes de la petite exploitation agricole. C'est du moins ce que laisse supposer la brève analyse comparative présentée ci-dessus et ce pour plusieurs raisons :

1) Parce qu’en réalité aucune commune de l'île n’a été vraiment en marge du système de plantation, les usines et les distilleries venant chercher profondément dans les mornes la main-d'oeuvre nécessaire à leur fonctionnement.

2) Parce que, même face à la crise du système de plantation, les petits planteurs ont sû réadapter leur production aux nouvelles conditions du marché comme ils l'avaient fait d'ailleurs les siècles précédents, en délaissant progressivement la canne et la banane, pour se consacrer aux cultures vivrières maraîchères ou à l'élevage intensif. On remarque qu'au Vauclin, commune dite bien intégrée au système de plantation, la canne ne couvre plus que 2.7% de la surface des exploitations de moins de 3 ha et 8.2% de la surface de celles de 3 à 10 ha et que la banane occupe 17.1% de la surface des deux classes d'exploitation pendant que les cultures vivrières et maraîchères et les prairies et pâturages occupent en 1972, 49.9% de la superficie des exploitations de moins de 3 ha et 45.2% de la surface des exploitations de 3 à 10 ha.

3) Parce que le degré d'intégration ne varie pas selon les communes mais plutôt selon la position qu'occupaient les diverses classes rurales par rapport aux moyens de production (classe des colons et fermiers travail­lant les terres des usines, classe des petits planteurs qui cultivaient

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