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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)104

sur leurs propres lopins les produits qu'ils vendaient aux usines, distil­leries et hangar d'emballage, classe des salaries agricoles permanents et saisonniers). On parle alors plutOt de niveaux d'intégration différen­tielle des diverses classes sociales rurales au système de plantation en replaçant ainsi l'étude du rapport de dépendance entre petits paysans et planteurs, non plus au niveau de l'intégration des produits agricoles, mais au niveau des modes différents de la soumission de la force de travail agricole au système de plantation.

4) Parce que, comme nous le verrons plus en détail dans la suite du rapport, le niveau d'intégration des diverses classes sociales dans le système de plantation n'est plus qu'un seul parmi plusieurs autres facteurs influant sur l'évolution de la petite exploitation agricole et qu'il n'est pas déterminant en dernière instance. Cette dernière étant profondément influencée par les problèmes économiques du département, de la France, voire du Marché Commun européen, de même que par les profonds bouleversements qui ont marqué la culture et la vie sociale antillaises.

En fait, l'analyse du changement structurel qui a fait passer au 20ième siècle la société martiniquaise de société coloniale de plantation productrice de matières premières destinées à l'exportation au stade de «société néo-coloniale périphérique de consommation» de biens importés d'Europe, fournit un cadre d'analyse des problèmes agraires, mieux apte à expliquer l'évolution actuelle de la petite exploitation agricole. La notion de distance face à la grande plantation aurait avantage à redéfinie par des considérations moins superficielles et plus significatives comme : position des ruraux par rapport à l'appropriation des moyens de production agraire, degré d'intégration des paysans dans les secteurs secondaires et tertiaires de l'emploi, niveau d'acculturation face aux valeurs du complexe culturel urbain/fonctionnariat/salariat, etc.

En conclusion, les grandes plantations et la petite exploitation agricole aux Antilles constituent deux secteurs qui, autrefois complémentaires (dans la mesure où la petite exploitation complétait la grande plantation et non l'inverse), ont dû subir tous les deux les conséquences des changements profonds qu'ont connu l'économie, l'organisation sociale et la culture martiniquaise. Pendant qu'à la période coloniale, la petite exploitation était assujettie aux impératifs de

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