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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)106

réduite à être une "activité commandée" par les métropoles, une simple mine de profits que l'on exploite plus ou moins intensément au gré de l'évolution des prix des denrées exportables. L'agriculture n'a jamais été une activité indépendante des impératifs des Métropoles et de là ses succès et ses crises multiples ont toujours été déterminées non pas par l'amour du travail de la terre des peuples des sociétés de plantation ni par une supposée vocation agraire ni par leurs besoins en vivres mais par les besoins des Métropoles. En fait, le changement fondamental de relations coloniales à la France, apporté ou concrétisé à la Martinique et à la Guadeloupe par la départementalisation de 1946, constitue l'un des facteurs déterminants qui ont influé sur les problèmes de l'agriculture aux Antilles françaises.

L'asphyxie de l'agriculture aux Antilles avait déjà débuté à la période de l'entre-deux guerres avec l'imposition des contingentements sur la production du sucre et du rhum. Déjà à cette époque, la vocation de productrice de matières premières de la Martinique était remise en question par la France métropolitaine. Le développement des entreprises monopolistes dans l'agriculture mais surtout dans l'industrie et la finance, suscitera dans la période de l'entre-deux guerres et principalement au lendemain de la seconde guerre mondiale un développement économique sans précédent qui conduira rapidement à la surproduction en Métropole même. Le sucre de betterave prenait une part de plus grande du marché métropolitain pendant que de nouveaux pays producteurs de bananes et d'ananas (particulièrement l'Afrique française) mettaient sur le marché des produits dont les coûts de production étaient réduits au minimum par une modernisation poussée des techniques de cultures et de transport et le maintien de salaires très bas. La vocation agricole traditionnelle des Antilles était condamnée.

Au niveau politique, le gouvernement communiste qui a pris le pouvoir en France au lendemain de la seconde guerre reçut favorablement la demande du parti communiste martiniquais alors au pouvoir de réaliser l'assimilation institutionnelle totale et intégrale de la Martinique à la France. Le mouvement international de décolonisation qui a suivi la guerre de 1939-45, joint à la volonté d'assimilation de l'élite antillaise de couleur qui y voyait une étape essentielle à l'abolition des inégalités sociales et raciales générées par le système colonial, »servirent de toile de fond à la promotion de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane française au rang de Départements Français d'Outre-

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