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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)107

Mer.

Il ne faut toutefois par surévaluer le rôle des Antillais eux mêmes dans cette assimilation administrative. De fait, la départementalisation faisait déjà l'objet de multiples requêtes dès 1882. Ainsi dès cette date, le conseil général de la Martinique "renouvelle en l'accentuant le voeu qu'il a émis le 24 novembre 1874 et demande que la Martinique soit constituée le plus tôt possible en département français ..."(Darsières, 1974, p.90). Mais à cette époque, la conjoncture économique ne justifiait pas un changement de structure politique. Il faudra attendre la désorganisation de l'économie de plantation pour bénéficier d’une structure politique néo-coloniale. En fait, à cette époque le sucre antillais était encore une denrée précieuse et la production industrielle n'avait pas encore généré de surplus importants. Le statut colonial constituait toujours un statut bien adapté pour régir les rapports entre les Antilles et la France ce qui n'était plus le cas au milieu du vingtième siècle alors que cette dernière recherche moins un approvisionnement garanti en sucres, bananes ou autres produits agricoles que des débouchés nouveaux pour ses produits industriels (biens de consommation durables, produits alimentaires, bien d'équipements) et pour son capital. "L'exportation des surplus métropolitains dans les régions périphériques et d'abord celles situées dans la zone d'influence française apparaissait comme une étape naturelle et nécessaire pour la poursuite de l'expansion" (Crusol, 1973, p.17). Ainsi la départementalisation fut non seulement le résultat d'une longue revendication d'assimilation politique de la part d'une élite locale de couleur discriminée par une administration coloniale désuète mais la consécration politique d'une nouvelle vocation économique pour les D.O.M. ; celle de société périphérique de consommation. Une expérience originale de néocolonialisme allait être tentée par la France par laquelle elle créera des marchés captifs de consommateurs auxquels l'on accordera graduellement un pouvoir d'achat satisfaisant par l'alignement des salaires des antillais (dont les salaires agricoles) sur ceux de la Métropole. Les salaires des employés de la fonction publique seront de leur côté majorés de 40% par rapport à ceux de la Métropole par l'attribution d'une prime dite de vie chère. "Le développement de l'infrastructure administrative a contribué par l'accroissement corrélatif de l'offre d'emploi, à gonfler la masse salariale distribuée. Les salaires distribués par les administrations aux Antilles représentent en effet près de 50% de la masse

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