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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)108

salariale totale actuelle" (Rifaux et Achéen, 1977, p.3). Ainsi se développa une nouvelle classe sociale alimentée par les salaires de l'administration publique et privée, la nouvelle petite bourgeoisie (voir Rifaux et Achéen, 1979). Cette dernière prit une importance telle aux Antilles françaises qu'elle bouleversa la structure sociale coloniale pour générer une nouvelle structure sociale de type néocolonial qui ferait d'ailleurs l'envie de tous les pays en voie de développement qui croient en la théorie suggérée par les pays industrialisés selon laquelle la création d'une "classe moyenne" dynamique et entreprenante est essentielle à tout développement socioéconomique. Cette nouvelle classe de petite bourgeoisie devint le principal moteur d'acculturation aux Antilles. Contrôlant plus de 50% du pouvoir d'achat et consomment principalement des produits importés (produits agricoles compris), cette nouvelle classe sociale devint un facteur déterminant dans la déstructuration de la production vivrière et maraîchère et de là, de la petite exploitation agricole. Elle est devenue de nos jours le symbole de la réussite pour la classe paysanne de couleur qui y puise, ses schèmes de comportement de même que ses idéaux sociaux et politiques. Ce nouveau groupe de pression défendra d'ailleurs sur la scène politique des intérêts de classe qui seront le plus souvent en contradiction avec les intérêts de la paysannerie : assimilation de plus en plus poussée à la France métropolitaine, développement des services et donc accroissement de la part du budget global consacré au tertiaire, etc.

"Ainsi au secteur traditionnel de plantation en déclin venait se juxtaposer un nouveau secteur dynamique mû essentiellement par les dépenses publiques et les capitaux privés métropolitains. Ces dépenses croissaient à une allure telle que vers 1970 elles représentaient plus de 50% du produit intérieur brut. Ne correspondant pas à ses capacités réelles de financement de l'économie de l'île, elles prenaient au niveau de la balance extérieure des capitaux de l'île, la forme de "transferts unilatéraux" pour près de 50% de leur montant" (Crusol, 1973, p. 21).

Ce nouveau secteur dynamique, créé artificiellement, comprend les activités de construction (d'édifices publics et de résidences pour les employés de la fonction publique et les cadres moyens du supérieurs du secteur commercial), l'administration et les services commerciaux et financiers. Le secteur productif de l'agriculture d'exportation est graduellement remplacé par le secteur tertiaire improductif qui, maintenu artificiellement par des fonds publics métropolitains, deviendra en fait le fondement de la nouvelle forme d'économie périphérique de

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