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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)109

consommation.

Le petit planteur est influencé de deux façons par ce changement des structures tant économiques que politiques et sociales ; (1) D'une façon directe dans la mesure où "comme les moyens et gros planteurs, le petit cultivateur est victime de la politique des hauts salaires lorsqu'il a recours à de la main-d'oeuvre salariée, de la détérioration des termes de l'échange qui alourdit la gestion de sa propriété. Il paie de plus en plus cher le matériel agricole, les engrais et les insecticides mais les prix de vente des produits récoltés rémunèrent de plus en plus mal l'effort" (Lasserre, 1972, p.550). (En 1959, en Guadeloupe, le prix moyen de la tonne exportée couvrait 66% du prix de la tonne importée : en 1969 ce pourcentage est passé à 44% ce qui montre une détérioration importante des termes de l'échange avec l'extérieur). Le petit cultivateur est donc atteint directement dans sa capacité de production agricole. (2) D'une façon indirecte dans la mesure où ce changement de vocation de l'économie antillaise l'a coupé de sa source traditionnelle de revenu complémentaire, (le travail sur les plantations et aux usines), sans pour autant créer un secteur industriel ou manufacturier compensatoire.

D'autres causes indirectes comme a) la dévalorisation de tout travail manuel au profit du travail col blanc fonctionnarisé, apportée par une scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans non adaptée aux besoins des Antillais, b) ou l'utilisation des terres agricoles à des fins domiciliaires ou commerciales et la spéculation qui en résulte et fait grimper les prix de ce moyen fondamental de production qui devient objet de consommation, c) ou encore l'emploi des crédits à la consommation plut6t qu'à la production, sont toutes des conséquences du changement structurel qu'ont connues les Antilles françaises. Elles seront analysées dans les chapitres suivants.

Ce changement structurel profond qui a marqué la société martiniquaise ne fut donc pas accompagné d'une amélioration sensible de l'économie agraire ni d'ailleurs d'un nouveau souffle de développement. Dans le cas des Antilles françaises nous devons donc admettre avec Stavenhagen (1969, p. 22) que "la croissance ne dépend pas seulement du montant des investissements mais de leur nature ; qu'elle ne dépend pas seulement d'un certain taux de développement mais du sens qu'il prend ; pas seulement de la quantité de capitaux disponibles mais de la manière dont l'État s'en sert ; pas seulement d'une aide étrangère mais d'une

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