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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)110

modification totale des rapports avec l'étranger ; pas seulement d'une intervention éventuelle de l'État dans la vie économique mais de la prise en mains par l'État de l'économie dans ses aspects principaux, etc. Le développement économique, on le reconnaît de plus en plus, n'est pas un problème technique mais surtout politique".

3.3. TECHNOLOGIE, ENCADREMENT ET COMMERCIALISATION

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L'utilisation des techniques agricoles modernes aux Antilles françaises est directement proportionnelle à la grandeur de l'exploitation. Ainsi, les grandes plantations ont de plus en plus recours aux analyses de sol préalables à l'utilisation des engrais, aux véhicules lourds pour le transport des cannes et des bananes, elles-mêmes sélectionnées parmi les hybrides les plus productifs et les mieux adaptés aux conditions écologiques locales. Les petits exploitants agricoles de leur côté s'en rapportent aux fumures naturelles et à l'emploi d'un nombre restreint d'outils. En fait, sur leurs parcelles étroites et souvent à pentes trop fortes pour permettre la moindre mécanisation, sont utilisés le coutelas pour couper la canne, servir de sabre d'abatis ou pour fouiller le sol ; le mayoumbé ou robuste fourche à fouir, la houe et la faucille. Le travail mécanisé n'est requis que pour le transport des récoltes sur les marchés, les camions ayant remplacé depuis l'époque de l'entre-deux guerres, le mulet et les porteuses. La moyenne exploitation agricole tente de son coté d'atteindre un équilibre entre une mécanisation très coûteuse et le travail manuel moins productif.

L'explication fournie par les autorités chargées des problèmes agricoles qui veut que ce retard technologique des petits exploitants agricoles soit causé par le traditionalisme de paysans qui refusent les techniques modernes au profit de croyances populaires comme le doucou (influence des phases lunaires sur les récoltes) ou la dichotomie entre terres chaudes/ terres froides (qui ne peuvent recevoir respectivement que certaines variétés de plantes) etc., ne correspond pas à la réalité. En fait, tous les paysans croient en l'utilité des engrais chimiques et de l'irrigation et reconnaissent avec Carole Jutras que, par exemple, dans toute région agricole, l'eau constitue un facteur de production de première importance.

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