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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)111

Un régime pluviométrique irrégulier peut occasionner de sérieuses chutes de rendement et conditionne à ce point les récoltes qu'on reconnaît aujourd'hui comme une toute première nécessité de s'en assurer la maîtrise.

Le contrôle de l'eau devrait être la priorité que se fixe toute politique de développement agricole, sans laquelle les exploitants resteront enchaînés a une gamme fort réduite de productions pouvant s'acclimater à cette sécheresse temporaire et devront constamment supporter la charge des baisses de rendement occasionnées par ces aléas climatiques et vivant toujours dans l'insécurité d'une récolte hypothétique" (1976, p.123-24). Il est évident que les paysans ont conscience plus que quiconque du rôle important de l'eau et seule l'irresponsabilité des agronomes pourrait les conduire a rejeter sur le manque d'ouverture et l'absence d'initiative des petits cultivateurs, la responsabilité de leur non utilisation de l'irrigation. En fait, des problèmes très concrets de financement (manque de capital, mauvais fonctionnement du crédit agricole) bloquent les aspirations des microfundistes qui voudraient maximiser leur production. Le problème de base de la modernisation de l'agriculture (aux Antilles françaises comme ailleurs) est ainsi celui d'un accroissement trop rapide des prix des moyens de production (terres agricoles, engrais, irrigation, machineries etc.) et donc des coûts de production par rapport aux prix d'écoulement des produits agricoles. Or ce phénomène contredit la thèse qui veut que la rentabilité de l'exploitation agricole soit proportionnelle au taux de mécanisation (à moins que l'on admette qu'il y a inversion proportionnelle.

Deux problèmes fondamentaux nuisent à la modernisation de la petite agriculture ; premièrement si tout le monde reconnaît la nécessité d'une modernisation de l'agriculture pratiquée sur les microfundias, modernisation qui ne peut se faire sans une concentration des unités de production et la mécanisation des exploitations, tout le monde n'est pas prêt à provoquer une suppression massive d'emplois dans ce secteur "tampon" de l'économie qu'est la petite exploitation agricole. Deuxièmement, une telle modernisation implique l'achat de moyens de production importés dont les coûts sont fortement majorés par les profits excessifs réalises par les société d'import/export. Un groupe de recherche soulignait en ce sens que du fait des "situations de monopole ou d'entente des importateurs qui pratiquent le prix de leur choix pour la plupart des produits" et "des marges commerciales très élevées perçues sur les produits importés

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