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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)112

(elles représentent environ 60% de la valeur C.A.F. de ces produits... il résulte une grande rentabilité du capital dans le secteur du commerce d'import/ export" (Groupe de travail, Approche du VII plan, cité par G.R.O.M.S.C.A., 1978, p.58-59). Il est facile d'évaluer l'effet néfaste d'une majoration artificielle des moyens de production sur un secteur déjà fragile de l'économie.

Deux solutions se présentent pour résoudre ce problème ; l'augmentation des prix des produits agricoles (on a déjà vu à quelle impasse conduirait cette solution) ou la mise en disponibilité rentabilisable pour les exploitants de crédits à faible taux d'intérêt. Or on remarque avec Mme Frenette que "comme toutes les banques, il (le crédit agricole) ne prête qu'à ceux qui peuvent présenter des garanties suffisantes, i.e. des terres, un peu d'argent, si bien que très peu de paysans peuvent en bénéficier. Il est plus facilement accessible a ceux qui ont un métier principal bien rémunéré, ou mieux rémunéré en tout cas qu'un travail agricole. Or c'est évidemment moins important pour eux puisque le travail agricole ne fait que compléter leurs revenus" (1978, p. 21) 15.

Reste la possibilité d'une aide de l'État et, de fait, "depuis 1964 le Conseil général du Département alloue des primes aux plantations maraîchères et vivrières à même le budget du Département. Sont éligibles ceux pour qui l'agriculture est l'occupation principale et qui disposent de mains de 3 ha. Le maire doit certifier que le postulant remplit ces conditions" (Frenette, 1978, p. 122). La somme allouée de 350,000 F pour tout le Département en 1974 et 1975 est de l'avis même de ceux qui sont responsables du budget, nettement insuffisante et de plus, soumise aux pressions électoralistes.

Le problème ne réside toutefois pas dans un désintéressement de l'administration métropolitaine face aux difficultés de l'agriculture antillaise car durant les quatre premiers plans, l'Etat a déboursé plus de 150 milliards d'anciens francs pour l'agriculture des D.O.M. (G.R.P.M.S.C.A., 1978, p. 72). Aussi au cours des Ve et VIe plans, les subventions et les prêts publics accordés à ce secteur représentaient le tiers de la participation de l'Etat au financement de l'ensemble des secteurs à développer (voir tableau no.21 ; source :

15 De fait on observe que le crédit devient principalement, au cours de cette période néo-coloniale de consommation, un crédit à la consommation et non à la production agricole ou autre.

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