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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)113

G.R.O.M.S.C.A., 1978, p.188). Le problème vient plutôt du fait que "c'est surtout l'agriculture d'exportation traditionnelle qui a profité et profite encore de ce sou­tien : les tentatives entreprises en vue de diversifier les cultures et, en particulier, de développer les productions destinées au marché local ont été timides. Ainsi, pour la durée du Ve plan, les subventions et les prêts publics octroyés afin de promouvoir les cultures de la canne, de la banane, de l'ananas, du cacao, du café, du tabac et des fleurs tropicales, constituent près des deux tiers de la participation de l'État aux investissements prévus dans les différents secteurs de l'agriculture et de l'élevage martiniquais" (G.R.O.M.S.Ca, 1978, p.72). Le tableau no. 31 (source : G.R.O.M.S.Ca, 1978, p.189) montre en ce sens que les cultures vivrières maraîchères ne reçoivent que 9.6% des crédits investis dans l'agriculture martiniquaise. Or les cultures vivrières sont les seules sur lesquelles la petite exploitation agricole puisse avoir un certain contrôle. En effet, les subventions à l'agriculture sucrière ou bananières ne permettent que la reproduction de l'état de dépendance des colons, fermiers ou petits planteurs face aux grands planteurs et aux usines qui encaissent et gèrent les subventions. D'ailleurs comme nous l'avons observé au chapitre 1 dans la section sur les cultures d'exportations cette aide importante de l'État n'a pas empêché la destruction profonde de cette agriculture d'exportation

La cause profonde de ces "dépenses ostentatoires" de fonds publics dans des secteurs malades en perpétuel état de crise 16) est à chercher beaucoup plus dans un choix politique logique de la part de l'administration métropolitaine pour maintenir en place la plantocratie blanche, perçue comme le pilier de la stabilité politique dans une série d'erreurs administratives fortuites. Le C.R.O.M.S.C.A. rappelle en ce sens que "les békés dominant sans conteste le secteur de l'agriculture d'exportation et les principaux organismes professionnels agricoles -

16 "Ainsi un fond d'investissement comme le F.I.D.O.M. a dû pendant plusieurs années, éponger les déficits d'exploitation des sucreries et des conserveries d'ananas, rembourser les échéances des prêts consentis en 1971 par le Fonds de développement économique et social (F.D.E.S.) et la Caisse Centrale de Coopération économique (C.C.C..E.) aux usines sucrières du Centre sud pour leur concentration et leur rééquipement d'un montant global de près de cinq millions de francs, prendre en charge un part des frais de fonctionnement et même de personnel d'organisations professionnelles agricoles ou de regroupement de producteurs" (G.R.O.M.S.Ca, 1978, p.74)

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