X hits on this document

359 views

0 shares

0 downloads

0 comments

117 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)117

Finalement Mme Frenette a observé au Morne des Esses le fonctionnement d'une forme collective de financement. "Les "quinzaines" peuvent rassembler une dizaine de personnes qui mettent dans un fonds commun, disons 40F tous les quinze jours. Il existe des quinzaines de différents montants selon les moyens ou les besoins de chacun. Chaque personne à tour de r8le, peut prendre la cagnotte lorsque survient une grosse dépense, puis la remet peu à peu... Cela implique que celui qui y participe gagne un certain montant d’argent assez régulièrement" (Frenette Idem, p.121). Cette solution ne peut donc résoudre le problème des petits exploitants qui n'ont pas d'activité extérieure... les formes collectives de financement, mal appuyées par les Syndicats agricoles, étant nettement insuffisantes dans le contexte d'une agriculture de plus en plus soumise aux conditions de production du marché international. Pourtant essentiel à la transition d'une agriculture de subsistance vers l'exploitation agricole capitaliste, le crédit agricole peut donc être considéré comme inexistant (ou tout au moins inefficace) aux Antilles françaises pour une paysannerie qui ne pourra survivre qu'en s'appropriant une part du gâteau des crédits au développement agricole.

3.3.1. Production et commercialisation

Retour à la table des matières

Les problèmes de l'agriculture aux Antilles ne sont pas seulement des problèmes de production mais aussi de commercialisation des récoltes. Même si les revendeuses traditionnelles qui achetaient les fruits et légumes des petits exploitants pour les vendre au marché des bourgs furent remplacées par des marchands propriétaires de camions qui sillonnent les campagnes pour acheter en grande partie les récoltes sur pied (certains gros marchands peuvent contrôler jusqu'à 400 ou 500 tonnes de produits qu'ils revendent aux grandes surfaces de Fort-de-France), on ne peut encore parler de l'existence d'un réseau de commercialisation structuré. En fait, l'écoulement des récoltes n'est jamais assuré pour les producteurs qui d'ailleurs n'ont que peu de contrôle sur les prix de vente. Ainsi "le prix des ignames varie de 3,50F à 1F le kilo lorsqu'ils sont en abondance. Celui des choux varie de 0,50F à 3.00F tandis que les pommes de terre se vendent de 0,50 à 2,50F le kilo. Ces prix sont ceux qui ont cours à Fort-de-

Document info
Document views359
Page views359
Page last viewedMon Dec 05 03:02:44 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments