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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)118

France. Quant aux cultivateurs, ils reçoivent beaucoup moins. Lorsque les ignames se vendent 3F ou 3,50F sur le marché, les cultivateurs en reçoivent 2F le kilo. Quand les choux de Chine se vendent 3F à Fort-de-France, la récolte se vend 1,50F sur pied. De même pour les pommes de terres, les cultivateurs touchent 1F le kilo alors que les mêmes légumes se vendent 2,50F le kilo sur le marché. Les cultivateurs reçoivent donc de 40 à 577. du prix de vente des légumes. Les cultures maraîchères rapportent plus aux cultivateurs proportionnellement. Par exemple, les cultivateurs reçoivent en moyenne 5F le kilo pour leurs tomates, alors que celles-ci sont revendues 7 à 8F sur le marché. Cela représente un peu plus de 60% du prix de vente qui va au producteur. Il en serait de même pour les haricots et les cultures maraichères en général". (Frenette, Idem, p. 118-19).

Quant à la banane, les revenus qu'on en tire ne sont pas nécessairement en rapport avec les coûts, surtout pour les petits producteurs. Par exemple, à la SICA de St-Jacques, les coûts de production en plantation s'élevaient à 52 centimes par kilo en moyenne, auxquels il faut ajouter 3 centimes par kilo pour transporter les bananes jusqu'au hangar et 44 centimes par kilo pour les opérations de hangar et le transport jusqu' à Fort-de-France, ce qui fait 99 centimes en tout. Les prix sont semblables au Morne des Esses qui se trouve à peu près à la même distance de Fort-de-France. Mais à cela il faut ajouter 1F pour le frêt ; bateau (monopole français pratiquant des prix de monopole, i.e. exorbitants), taxes et transport sur le territoire français. A ce moment-là, le prix de vente en Métropole se situait aux environs de 1,90F à 1,95F. C'est donc dire que le producteur qui aurait fait toutes les opérations aurait essuyé une perte. C’est pourquoi de nombreux producteurs essaient d'économiser sur un item ou un autre, par exemple en n'engainant pas les fruits avec du polythène pour les protéger...) ou en utilisant les insecticides moins souvent qu'il le faudrait (Frenette, Idem. p. 119-120). Mais le véritable problème qui se pose au niveau de la mise en marché des produits agricoles n'est pas celui de l'absence d'un réseau de commercialisation structuré (il existe en fait un tel réseau et ce tant au niveau des produits d'exportation que des produits écoulés sur le marché local). Le problème est plutôt celui d'une absence totale de contrôle des petits producteurs sur ces réseaux de commercialisation. Que ce soit au niveau de la production bananière ou sucrière, les petits planteurs doivent se soumettre aux prix fixés par les sociétés d'exportation souvent contrôlées par les gros producteurs bananiers ou par les usines dans le cas de la canne ; sociétés et usines

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