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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)124

seulement ... Exceptionnellement, quelques cultivateurs dépendent surtout de l'igname pour leur revenu, dont X qui plante une tache de 90 fosses d'ignames portugaises et une autre de 150 cousses-couches, mais ces taches sont plantées sur la terre de son père et représentent une espèce d'expérimentation pour lui ; en effet, son propre jardin contient une dizaine de variétés de légumes, plantés en des quantités ne dépassant jamais trente plantes d'une même variété à la fois" (1976 ; p.45).

Le jardin créole est par définition un mélange de plusieurs variétés de plantes (arbres fruitiers, légumes, etc.) cultivées dans un ordre et des proportions qui varient selon la façon qu'aura chaque cultivateur d'organiser les éléments de ce micro système dans le temps et l'espace. "Il y a des contradictions entre cultivateurs, précise Paré, en ce qui concerne toute la gamme des règles culturales. Tout comme il n’y a qu'un seul calendrier agricole qui soit suivi par tous, il n'y a ni jardin, ni cultivateur typique à la montagne du Vauclin" (1976, p.52). Cette grande variabilité peut s'expliquer en partie par la longue expérience de chacun des exploitants et l'acquisition sur une base individuelle de connaissances non technologiques qui relèvent plutôt de la culture populaire. Daniel Laberge remarquait lors d'un autre stage dans la même région que "65% des agriculteurs ne connaissent pas d'autres cultures pouvant pousser sur leur sol et que 60% d'entre-eux n'ont jamais essayé d'autres cultures que celles cultivées lors de l'enquête. L'agriculteur vauclinois cumule une moyenne d'expérience de trente ans dans le secteur de l'agriculture et les parents de ceux-ci ont fourni dans 65% des cas l'information en rapport avec les techniques culturalles ou les plantes cultivées" (1976 ; p.33).

Chaque jardin créole devient ainsi un microsystème original personnalisé dans lequel l'exploitant a sû organiser la production d'une grande variété de plantes. L'exploitation du sol y est aussi très intensive. "Même s'il est reconnu désirable de "laisser reposer la terre", la terre en friche est rare, remarque Richard Paré ; on n'en dispose pas en assez grande quantité pour pratiquer un véritable assolement. On va plutôt pratiquer une alternance de cultures sur la même terre" (Paré 1976, p. 46).

L'élevage fait aussi partie intégrante du jardin du petit paysan. La taille des parcelles laisse toutefois peu de place à la culture des plantes fourragères ou aux pâturages des animaux. Ainsi le paysan s'adonnera au petit élevage ; volailles,

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