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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)127

4.2. PARENTÉ ET AGRICULTURE

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Comme on a pu le constater à travers les sections précédentes, le paysannat martiniquais ne constitue pas un groupe homogène. Les variations importantes dans la grandeur des exploitations, les types de faire-valoir, et les divers types de cultures, contribuent à segmenter la masse paysanne en plusieurs classes rurales. Prolétaires domiciliés, salariés agricoles, petits exploitants à temps partiel, moyens propriétaires, grands propriétaires constituent tous des groupes bien démarqués. Toutefois, si la position occupée par rapport aux moyens de production est le critère ultime dans la détermination des classes sociales, les règles sociales de transmission de ces moyens de production sont aussi très importantes. Guy Dubreuil dans une étude sur "La famille Martiniquaise" souligne en effet que les modes d'héritage déterminent pour une large part l'inégalité économique et sociale dans le milieu rural. "On sait par exemple, dit-il, qu'un enfant illégitime à l'égard duquel le père ne reconnait pas légalement sa paternité est légalement et effectivement privé de tout héritage dans la ligne paternelle, cela même si ce dernier accepte de jouer le rôle sociologique de père. Cet enfant n'héritera que de la mère dont il portera le nom. L'inégalité économique est donc inhérente au système juridique. Par contre, si l'enfant naturel est légalement reconnu par le père sans être légitimé après le mariage de ce dernier, il héritera au même titre qu'un enfant légitime si le père n'a pas ailleurs d'enfants légitimes. Autrement, l'enfant reconnu n'héritera que de la moitié environ de la part qu'il aurait reçu s'il avait été légitime ... Ce mode d'héritage qui oblige le père à diviser sa propriété de façon légalement prescrite, privilégie donc la légitimité. Le taux de l'illégitimité étant de 50% à la Martinique, il va de soi qu'il en résulte une inégalité économique endémique" (1965, p. 106).

Dorothée Mineau a montré de son côté qu'au Morne-Vert, le taux d'illégitimité est demeuré toujours important, et ce depuis 1874. En fait, à partir d'une analyse des baptêmes de cette commune, elle montre que la période 1874-1894, le taux d'illégitimité fut de 58,4%, qu'il fut de 67.3% de 1895 à 1915, 51.6% de 1895 à 1915, 51.6% de 1916 à 1936, de 45,7% de 1937 à 1957 et de 50.3% de

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