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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)132

agraire des Départements d'Outre-Mer. Il s'en suivit une dévalorisation de tout travail manuel ou agricole au profit du nouveau symbole de la réussite sociale qui n'est plus le grand propriétaire terrain mais le fonctionnaire ou col blanc. Fernand Dumond a déjà relevé un tel problème dans les pays du tiers-monde en général où la principale industrie est actuellement l'administration publique, secteur très coûteux et improductif (Dumond, 1962, p. 68). En fait aux Antilles françaises comme dans les autres régions périphériques du monde, l'éducation joue le rôle de promoteur des valeurs des pays du Centre et garantit la reproduction d'une "classe moyenne" acculturée sur laquelle reposera la vocation néocoloniale de ces sociétés, celle de société périphérique de consommation. L'enseignement technique n'est pas valorisé du fait de la prise en charge des secteurs productifs (industriels, agro-alimentaires, etc.) par des compagnies étrangères qui importent de l'extérieur les employés spécialisés. L'éducation devient alors le principal réseau de communication par lequel les ruraux accèdent aux valeurs liées à la consommation. L'enseignement des techniques agricoles est réduit au niveau symbolique.

Les échanges villes portuaires/campagnes ont joué et jouent encore un rôle déterminant dans le processus d'acculturation des masses rurales de même que dans la répartition géographique de la population. Zones commerciales par excellence, les villes portuaires antillaises abritaient une bourgeoisie commerçante qui gérait les circuits de collecte (denrées d’exportation) et de distribution (produits importés) mais aussi filtrait l'entrée des idées et valeurs européennes. Comme le signale Serge Larose dans le cas d'Haïti "durant tout le dix-neuvième siècle, l'articulation avec le monde extérieur ne passe plus par les grandes unités agricoles tenues par une classe restreinte de planteurs, mais par une bourgeoisie commerçante qui établit son pouvoir par le contrôle des mécanismes du marché bien plus que par son intervention au niveau même de la production" (1976, p.7). Malgré l'importance de la classe des propriétaires terriens à la Martinique, ce contact avec le monde extérieur revint aux bourgeois commerçants des villes de St-Pierre et Fort de France.

Le développement de l'appareil administratif et du secteur commercial dans la plupart des sociétés antillaises et particulièrement à la Martinique et à la Guadeloupe devait générer un développement sans précédent de ces villes portuaires qui attirèrent à la fois les nouveaux fonctionnaires et les paysans sans

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