X hits on this document

339 views

0 shares

0 downloads

0 comments

133 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)133

terre. Ces derniers se regroupèrent dans des bidonvilles pendant que la nouvelle petite bourgeoisie administrative s'installa dans de nouveaux quartiers résidentiels. Max Etna souligne que La Havane rassemblait en 1967, 21.4% de la population cubaine ; San Juan, 31% de la population de Porto Rico ; Kingston, 28% de la population jamaïcaine ; Fort de France, 44% de la population de la Martinique ; etc ... (Etna, 1975, p.44). On assista en fait au lendemain de la seconde guerre mondiale à un développement hypertrophié de la ville principale de chacune des Îles. L'avènement progressif de la macrocéphalie urbaine conduisit à de fâcheux déséquilibres régionaux qui accélérèrent le phénomène d'urbanisation. La ville/capitale devint alors le pôle d'attraction des masses rurales rejetées de leur milieu par la pression démographique et la déstructuration de la production agricole d'exportation et ainsi étendit son influence à une part de plus en plus importante de la population insulaire. Toutefois, son influence ne se fait pas sentir aux seuls migrants qui se sont installés a sa périphérie dans des quartiers qui prennent souvent l'allure de bidonvilles. En fait, la plupart des études de migrations rurales/urbaines montrent qu'il s'établit un mouvement constant d'échange entre ville et campagne par le biais des migrants qui faisant saisonnièrement (ou plus fréquemment) la navette entre leur lieu de naissance et leur nouveau lieu de travail, transportent avec eux objets, idées et valeurs. La migration rurale/urbaine s'impose alors comme un second réseau de communication qui assure la pénétration dans les campagnes des objets et valeurs de la société de consommation ayant transité par les villes portuaires.

La télévision, la radio et cinéma, les journaux, etc., jouent aussi un rôle déterminant dans la dévalorisation du travail agricole chez les paysans martiniquais et guadeloupéens. En fait, le nombre de téléviseurs est passé de 200 en 1965 à13.000 en 1972 pendant que la radio pénétrait dans plus de 90% des maisonnées et que des salles de cinéma s'établissaient dans chaque commune. Officiellement non manipulés par le pouvoir politique et par les intérêts du système économique, ces mass média ne sont pas utilisés comme dans les pays socialistes à des fins d'éducation des masses et de revalorisation du travail agricole ou manuel en général. Leur fonction apparente de divertissement camoufle pourtant le rôle prépondérant que jouent ces mass média dans la pénétration des valeurs et objets de consommation dans la population en général, par le jeu de la publicité mais aussi par le biais du contenu des films ou émissions

Document info
Document views339
Page views339
Page last viewedSun Dec 04 04:08:53 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments