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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)136

Toutefois, "un autre tableau sur la localisation du logement antérieur du chef de ménage indique que 56% possédaient un logement dans la même commune qu'ils habitent présentement, 41% dans une autre commune et 2% hors de la Martinique. Cela pourrait entrer en contradiction avec les pourcentages précédents où 84% des chefs de ménage affirmaient être originaires d'ailleurs que Fort-de-France. Mais si l'on admet que plusieurs avant de s'installer à Volga-Plage même, ont tenté de se loger dans la capitale, il n'y a réellement pas d'opposition" (Bouliane, 1976.p. 65). Ainsi s'il existe vraiment une étape de transition, elle serait l'inverse de celle habituellement postulée. Les quartiers pauvres périphériques à la capitale ne représenteraient plus un tremplin vers la capitale et la Métropole, mais plutôt la zone d'accueil qui reçoit les migrants ruraux qui auraient transité dans les maisons et appartements surpeuplés des parents et amis établis dans la capitale. Bouliane a d'ailleurs remarqué le caractère presque villageois de ces quartiers. En réalité, tout-à-fait contraire à l'image classique du quartier dépravé, peuplé de délinquants et de marginaux, Volga-Plage s'impose comme une zone d'habitat en phase de stabilisation où les bons rapports de voisinage et les pratiques traditionnelles du coup de main sont de mise. Donnant l'apparence d'un vaste chantier de construction, il abrite des familles qui canalisent leurs moyens et énergies dans la construction lente mais ferme d'une maison permanente en dur. Comme tous les autres quartiers périphériques de la capitale, Volga-Plage évolue du stade de bidonville au stade de banlieue résidentielle. D'abord constitué de cases en tale, le quartier a évolué très rapidement dans les quinze dernières années pour devenir un quartier ouvrier moins marginalisé où l'on aperçoit constamment devant les habitations encore en bois ou en tale, du sable, du ciment, des tuiles et des matériaux de construction, signes d'une "durcification" prochaine.

On ne découvre pratiquement pas de jardins à Volga, (3% seulement des personnes interrogées par l'Atelier d'urbanisme possèdent un jardin), à l'exception de quelques plants qui trouvent refuge dans des barils, sur les toits des maisons. L'étroitesse des parcelles et la mauvaise qualité de la terre de remblais utilisée pour combler la mangrove qui occupait précédemment le site, empêche tout jardinage. Seuls quelques poules ou lapins sont conservés dans des cages de même que des cabris que l'on attache au piquet dans des savanes voisines le jour, pour les parquer près de la maison la nuit. Par contre, plusieurs des résidents

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