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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)139

(4)Les propriétaires moyens peuvent trouver plus facilement des colons pour travailler leur terre suffisamment grande pour permettre à ceux-ci de subsister tout en dégageant un surproduit pour le propriétaire (Paré, 1976, p.16).

Ainsi la nature de la migration (migration vers les bourgs, vers la capitale, vers la Métropole) correspondrait largement à des groupes particuliers de la population rurale. Les "moyens" exploitants agricoles migreraient vers les villages de commune, dans le but d'avoir une retraite au bourg", pour les plus âgés, et de trouver un emploi salarié pour les plus jeunes qui feront alors le va-et-vient entre leur nouvelle résidence et leurs parcelles en culture, pendant que les microfundistes et les salariés agricoles se rapprocheraient de la capitale et que les jeunes ruraux ayant un minimum de scolarité opteraient pour la Métropole.

Jeanine Jourdain dans une "Contribution à l'étude de l'habitat dispersé dans un quartier de Ste-Marie (1973) remarque que 54,4% des adultes émigrent de leur quartier pour aller dans 20,32% des cas dans d'autres quartiers ruraux, souvent pour aller travailler sur les plantations ; dans 11,38% des cas au Morne des Esses qui. est un bourg de transition moins grand et anonyme que Ste-Marie, 7,31% des cas vers Ste-Marie, 10.56% vers un endroit quelconque de la Martinique, 15,44% vers Fort-de-France (surtout les quartiers populaires) 10,56% à l'extérieur de la Martinique et 24,39% sont restés au quartier Pérou près de la nouvelle route asphaltée où ils se sont construits une nouvelle case. Ainsi Mme Jourdain conclut que 45,6% de la population totale en âge de travailler reste à Pérou même si les habitants déménagent à l'intérieur de ce quartier. "Sauf exception, dit-elle, restent à Pérou des adultes qui ne peuvent s'adapter ou vivre à Ste-Marie ou au Morne des Esses, parce qu'ils ont un niveau scolaire trop bas, pas de métier, et n’ont pas trouvé de travail ailleurs. Ainsi Pérou reste la zone refuge où il est plus facile de vivre. C'est ce que prouve aussi l'étude des structures familiales des foyers et des liens de voisinage" (1973, p.14). Non seulement la petite exploitation agricole, mais aussi les rapports traditionnels d'entraide de la communauté paysanne doivent être considérés comme des "lieux" de l'adaptation des masses rurales aux crises de l'économie agraire.

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