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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)14

cette population rurale se concentre sur une partie fort limitée du territoire utile. "Sur moins de 250 km2, à peine plus du 1/4 de la zone rurale, vivent plus de 100.000 personnes soit plus de 70% de la population rurale éparse" (Atlas de la Martinique). Or "alors que le thème de l'urbanisation à outrance fait fureur en Martinique comme ailleurs, il faut pourtant bien se rendre à l'évidence : la population rurale éparse (...) s'est légèrement accrue depuis 1954 de 10.000 personnes environ" (Atlas) et ce sur un territoire déjà très densément peuplé.

De même l'agriculture demeure un secteur important de l'économie martiniquaise dans la mesure où elle "fournit l'essentiel des possibilités d'achat du département à l'extérieur et distribue des revenus à 35% environ de la population active" (Atlas). Bien que des données précises fassent défaut pour établir l'importance exacte de la petite paysannerie en Guadeloupe, tous les rapports et études signalent une importance encore plus grande de la petite exploitation agricole dans cette île. Lasserre, par exemple, (1961, tome 1, p.433) disait que "la Guadeloupe se différencie de la Martinique par son plus grand nombre de petits propriétaires : 16.000 cultivateurs indépendants contre environ 5.000, si l'on ajoute que les colons sont 8.000 en Guadeloupe contre 1.000 en Martinique..." on ne peut qu'en déduire la très grande importance de la petite exploitation agricole dans cette île. On peut observer d'ailleurs un développement tout aussi marqué de la population rurale éparse en Guadeloupe.

Dans ce contexte de changement rapide et profond de la société antillaise, l'agriculture et la population rurale représentent donc toujours deux composantes fondamentales de la société martiniquaise avec lesquelles il faut compter.

Bien que statistiquement importante, la classe paysanne se voit attribuer par les chercheurs un rôle très variable dans la dynamique socio-culturelle. Stavenhagen * (1969) relève deux opinions contradictoires :

"In every part of the world generally speaking, peasantry have been a conservative force in social change, a break on revolution, a check on that disintegration of local society which often comes with rapid technological change" (Robert Redfield, Peasant, Society and Culture).

* [Voir : Rodolfo Stavenhagen, Les classes sociales dans les sociétés agraires. Sociologie et tiers-monde. Paris: Éditions Anthropos, 1969, 402 pp. Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

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