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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)140

Parallèlement au phénomène de la migration rurale-urbaine et au mouvement d'urbanisation, on observe aux Antilles françaises une tendance inverse au retour en commune d'une classe aisée de citadins qui se construisent une résidence soit permanente soit secondaire. Ce phénomène de lotissement des terres agricoles pour fin d'établissement de résidence n'appartenant pas à des exploitants agricoles, appelé rurbanisation, entraine des conséquences importantes sur l'évolution de l'agriculture antillaise. L'Atlas de la Martinique fait remarquer que "depuis une dizaine d'années, on assiste au morcellement de certaines grandes propriétés en lots dits agricoles de 0.5 à 2 ha, destinés à une urbanisation diffuse. Les propriétaires peuvent ainsi réaliser leur capital foncier a un prix quatre à cinq fois supérieur à la valeur du terrain agricole sans pour autant supporter les charges qui leur incombent en matière de lotissement ... On peut estimer à 4.000 ha, soit environ 10% de la superficie agricole de l'île les surfaces ainsi 8tées à l'usage agricole". Ce phénomène de la rurbanisation qui affecte plusieurs communes rurales de l'île fut toutefois précédé d'un important mouvement de spéculation foncière qui a influé sur le devenir des terres du littoral et qui a ceinturé l'île de nombreux hôtels de luxe, de villas et de villages-vacances. Le développement touristique ayant atteint une certaine saturation, les lotissements pour fin domiciliaire deviennent le principal danger pour la conservation des terres agricoles.

La commune du Morne-Vert, considérée comme la petite Suisse de la Martinique, connait de façon particulière ce problème de la rurbanisation. Mme Mineau dans son rapport au titre signification "Du carré d'ignames aux pelouses des Villas", souligne que "en moins de dix ans, le Morne-Vert a vu trois lotissements résidentiels accaparer 42 hectares de son territoire. Pour les habitants de la commune, les quartiers de Bel Event, La Cavalerie, et Val d'or sont désormais synonymes de villas modernes et luxueuses mais aussi de quartiers déserts puisque 92% des propriétaires ont leur résidence principale en dehors de la commune et n’occupent leur villa en moyenne que cinq jours par mois... A ces 42 ha déjà lotis, s'ajouteront très probablement et prochainement 25 ha additionnels que se partageront trois nouveaux lotissements de résidences secondaires..." (1976, p. 42-45).

Le tableau no. 34 nous fournit des indications précises sur le pourcentage de propriétaires non-résidents et leur lieu de provenance.

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