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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)145

pouvoir qui les obligea à jouer le r8le d'agents de vente des terres de moins bonne qualité des grands propriétaires aux petits exploitants) et d'autre part l'absence de tout crédit qui plaça les SAFER dans l'obligation de fonder leur activité sur une entreprise bancaire privée qui détermine unilatéralement les critères de solvabilité des attributaires des lots de réforme foncière. Ces deux failles dans l'organisation des SAFER sont révélatrices du caractère accessoire et superficiel de ce premier programme de réforme foncière.

Par rapport aux visées initiales du IVième Plan et aux besoins de terres agricoles des paysans antillais, les résultats furent donc très minces. Non seulement le nombre d'attributaires demeura relativement faible, mais la qualité des terres qu'ils acquirent fut souvent médiocre et l'encadrement mal organisé ou inexistant. Mlle Jutras (1976) a fait à Marie-Galante une analyse comparative d'un groupe d'attributaires de lots de réforme foncière et d'un groupe de petits exploitants traditionnels dans laquelle elle montre le peu de satisfaction des attributaires face à leur nouvelle situation. Plus jeunes que les exploitants traditionnels (51 ans en moyenne contre 61 ans) avec 6.83 personnes à charge contre 4.58 pour les exploitants traditionnels, les attributaires compris dans l'échantillon de Mlle Jutras, exploitent des lots d’un seul tenant d'une moyenne de 3.5 ha (Voir Jutras, 1974, p.102). Malgré leur nouvelle situation socialement valorisée de propriétaires terriens, les attributaires de la réforme affirment avoir de la difficulté à tirer de leur exploitation un revenu suffisant pour leur permettre de combler les besoins de la famille (Idem p.100). D'ailleurs, 33% des attributaires ont un travail secondaire qui complète les revenus tirés de l'exploitation qui sont jugés insuffisants par la majorité d'entre eux. Or ce fait est surprenant dans la mesure où le cahier des charges des attributaires prévoyait une activité agricole à plein temps de 450 jours-travail par an (300 pour l'exploitant et 150 pour le conjoint), d'ailleurs comme le souligne Mme Dancosse-Bouhajeb (1970, p.59) le calcul de temps de travail de la femme dans l'évaluation des revenus qu'il est possible de retirer d'un lot de réforme n'est pas un hasard. "Il fallait aussi éviter autant que possible que les attributaires fassent appel a des travailleurs salariés pour la mise en valeur de leur lot et les inciter à se servir au maximum de la main-d’œuvre familiale. Un lot de 3 à 4 hectares était compatible avec cette obligation". On peut alors se demander si le temps de travail passé par l'exploitant à l'extérieur de son lot de réforme est comblé par une exploitation

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