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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)150

de consommation de la surproduction métropolitaine.

Une telle politique agraire ne se manifeste pas dans le nouveau projet de réforme foncière établi pour les Antilles françaises et qui devrait être appliqué sous peu. Bien que tenant compte des erreurs de la réforme tentée dans les années 1960, les responsables de l'agriculture ne visent toujours qu'à établir sur des parcelles réduites des agriculteurs qui seront aux prises avec les mêmes problèmes de capitaux, de mise un marché de leurs produits et de dépendance envers les usines.

Ce nouveau programme de réforme foncière est présenté ainsi par la Direction départementale de l'Agriculture de la Martinique : "Les objectifs : il s'agit désormais de dépasser le seul objectif social qui présidait à la réforme de 1961. Au plan économique, on recherchera la création d'exploitations familiales réellement viables. "L'esprit : les conditions libérales de la Réforme de 1961 avaient conduit au lotissement de parcelles de qualité souvent moyenne, situées le plus souvent sur les pentes des mornes. Un tel esprit n'est plus de mise aujourd'hui. Certes, il importe de ne pas fragmenter de façon inconsidérée les grandes exploitations destinées aux cultures d'exportation. Cependant, l'esprit de réforme dont se doteront les pouvoirs publics devra s'exprimer de manière volontariste et ne pas laisser le marché décider seul de l'évolution de la réforme. En premier lieu, il faudra appliquer les dispositions du Code rural concernant les terrains laissés en friche (obligation d'exploiter, de mettre en fermage ou d'aliéner)". (Schéma Départemental d'Aménagement Rural, p.10, 1977). La nécessité soulignée par Mlle Jutras d'intégrer les paysans dans les mécanismes de décision pour pallier au caractère "imposé" de la réforme ne sera toutefois pas considérée. De même tout semble annoncer que le cahier des charges des attributaires les incitera à produire des biens d'exportation (canne, banane). Or des problèmes comme ceux soulignés par Mme Dancosse-Bouhajeb (1970) dans le cas de la réforme foncière au Lareinty (Martinique) risque de se reproduire. Cette dernière a montré que cette réforme fut faite plus en fonction des besoins d'une usine à sucre qui voulait s'assurer d'une main-d’œuvre stable et d'un approvisionnement garanti en canne, qu'en fonction des véritables problèmes agraires de la Martinique. Un risque important demeure que cette nouvelle réforme foncière à l'étude présentement prenne plus l'apparence d'une réforme sociale visant à absorber le trop plein de population active que d'une véritable

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