X hits on this document

433 views

0 shares

0 downloads

0 comments

18 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)18

production agricole n'est ni le besoin d'approvisionnement des usines en canne à sucre, bananes ou autres produits d'exportation, ni le besoin pour les paysans d'un recours au travail salarié pour arrondir leurs revenus. Ces deux facteurs ne sont en fait que les conséquences "apparentées" d'une cause première, fondamentale : la nécessité pour le capital de s’assurer la disponibilité d'une force de travail nombreuse qu'il soumettra soit directement (soumission réelle : salariat agricole), soit indirectement (soumission formelle : colonage, fermage, contrat de fourniture). Les diverses sphères de production au sein d'un même mode de production de même que les divers modes de production eux-mêmes sont liés non par le biais de la circulation des marchandises ou de la monnaie mais par la circulation de la force de travail.

Ce choix nous amène alors à poser que le développement agricole aux Antilles françaises est : l/ le produit d'une division internationale du travail et 2/ ... le produit d'une soumission de la force de travail antillaise a la production de matières premières. C'est à ce deuxième aspect que nous nous attarderons principalement.

En fait le point de départ de cette analyse de la paysannerie des Antilles françaises est la considération de la non-possession "réelle" par le petit paysannat de ses moyens de production. Nous prenons comme hypothèse de départ que le petit exploitant agricole n'a jamais eu qu'un contrôle partiel, très réduit sur son travail. Il n'avait que très peu le choix de travailler ou non sur les plantations ou de cultiver de la canne à sucre pour les usines et les plantations. Son statut même de salarié agricole ou de petit propriétaire était déterminé en dernier ressort par les besoins en terres des grands planteurs et en fonction des crises sucrières cycliques qui faisaient tantôt reculer, tantôt avancer les limites des grandes propriétés par un jeu de morcellement/concentration des terres. Ainsi l'ensemble du paysannat sera considéré comme une réserve de main-d'oeuvre utilisée par les habitations sucrières et les usines. La distinction entre salariés agricoles et petits exploitants "indépendants" ne sera envisagée que comme différence entre deux modes de vente de la force de travail aux usines. Dans le premier cas, il y a vente immédiate de la force de travail à l'usine, dans le second il y a vente de travail "matérialisé" sous forme de canne à sucre. On rejoint ici la distinction marxiste reprise par Faure entre soumission réelle et soumission formelle du travail au capital (Faure, 1978). Le premier vend sa force de travail avant que le

Document info
Document views433
Page views433
Page last viewedSat Dec 10 06:24:29 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments