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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)21

capital métropolitain et principalement de développer un marché pour les biens importés de consommation ou de production. Cette nouvelle fonction remplie par l'agriculture antillaise sera d'autant plus vitale pour ces sociétés néo-coloniales que face à la stagnation chronique du secteur manufacturier et industriel, l'agriculture demeure le seul secteur de production qui peut pallier au déséquilibre créé dans la balance des paiements par l'hypertrophie du secteur tertiaire des services.

Ainsi l'analyse de la paysannerie martiniquaise 2 n’a de sens que dans la mesure où cette dernière est considérée comme partie intégrante du système néo-colonial de consommation. La paysannerie ne constitue pas un groupe indépendant refermé sur lui-même, mais représente la structure de base sur laquelle se développe le secteur urbain, commercial et fonctionnarisé. Sans ce secteur de subsistance, la société de consommation ne pourrait exister (ou tout au moins n'exister qu'artificiellement, ce qui devient d'ailleurs graduellement le cas aux Antilles françaises avec le déclin de l'agriculture et de là le déséquilibre de la balance des paiements). Telle sera la thèse de départ qui guidera le présent travail.

Assistons-nous aux Antilles françaises, à une simple redéfinition du paysannat, à une réorientation de ses activités vers la production vivrière-maraîchère au dépend des cultures d'exportation (canne, banane), ou à la simple disparition progressive voire planifiée du paysannat traditionnel ?

Qu'advient-il des ruraux dont la subsistance dépendait des rentrées d'argent frais provenant du travail salarié sur les plantations et dans les usines à sucre, dans un contexte de désorganisation des cultures d'exportation où la seule alternative devient le travail fonctionnarisé dans le secteur public ? Quelle est l'évolution de la structure foncière dans un contexte où des milliers d'hectares des meilleures terres des grandes plantations sont laissées en friche pendant que la petite et la moyenne exploitation agricole subissent un mouvement de morcellement sans précédent faute d'espace pour l'expansion ?

2 À cause de l'absence de certaines informations statistiques sur l'agriculture guadeloupéenne, particulièrement sur ses aspects historiques de même que sur le manque d'homogénéité dans la présentation des informations des recensements généraux de l'agriculture des deux Îles et de la prédominance des rapports de recherche portant sur la Martinique, une insistance plus grande sera attribuée au cas martiniquais dans ce travail.

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