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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)24

C'est ainsi que d'abord installés sur la côte nord caraïbe, les planteurs sucriers motivés par la rentabilité de cette production, étendirent leur zone d'action vers les grandes plaines du Centre, bousculant les petits colons européens qui ne pouvaient concurrencer avec leur production de cultures secondaires (telles le tabac, le roucou, l'indigo etc...) et vivrières maraîchères (igname, manioc, banane, chou caraïbe etc...), ces grands propriétaires armés des capitaux fournis par les négociants insulaires et métropolitains et de la force de travail importée par le biais du commerce négrier.

Déjà au 18ième siècle, 540 sucreries ou plantations contrôlaient 38.000 hectares des meilleures terres de la Martinique (Revert, 1949, p.260). La Guadeloupe comptait pour sa part 111 sucreries en 1710, 170 en 1719, 200 en 1725 et 278 en 1742. En 1790, 391 sucreries cultivaient tout près de 20.000 hectares de cannes (Lasserre, 1961, tome 1, p.352). La grande plantation familiale, fondée sur la production sucrière allait au cours des siècles façonner la société et la culture de près de la moitié du continent américain du Brésil au sud des États-Unis, de la mer Caraïbe au Pacifique. Toutefois aux Antilles françaises, la grande propriété n'a jamais pu contrôler l'ensemble de la terre agricole, la petite et moyenne propriété ayant toujours dû jouer un rôle important dans le maintien de l'équilibre économique de la colonie. A côté des grandes plantations sucrières martiniquaises "se rencontraient d'ailleurs de nombreuses caféières, cacaoyères et cotonneries au nombre de 9148, 101 et 233 en 1788 avec des superficies moyennes de 6,11 et 7 hectares" (Revert, 1949, p.260). En Guadeloupe, de même, les petits planteurs qui ne pouvaient faire les investissements industriels requis faute de capitaux se rabattirent sur les cultures secondaires d'exportation dont la production était fortement encouragée par la Couronne d'ailleurs, ainsi l'archipel guadeloupéen comptait 126 indigoteries en 1686, elle cultiva une moyenne de 6.500 ha de coton tout au long du 18ème siècle, les cacaoyères couvraient 190 ha en 1781, 178 en 1790 et 77 en 1818, le café couvrit jusqu'à 11.750 ha en 1777 (Lasserre, 1961, pp.367-368).

D'après le tableau suivant (no.1) que nous fournit Kervégant, on peut ainsi observer que la canne à sucre n'a jamais été la seule production de la Martinique, bien qu'elle constitua toujours la principale denrée d'exportation. En fait, ces cultures vivrières, maraîchères, secondaires et d'exportation n'ont jamais existé indépendamment les unes des autres, mais ont plutôt évolué dans un certain

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