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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)25

équilibre, les vicissitudes de la production sucrière étant compensées par une extension temporaire des cultures secondaires d'exportation et des cultures vivrières maraîchères. Moyennes et grandes plantations vivaient donc dans une sorte d'équilibre instable où la moyenne propriété joua le rôle de zone tampon qui absorba les chocs conséquents aux crises du marché sucrier. Il s'est établi un mouvement d'oscillation entre ces deux classes complémentaires de propriété au fil duquel la tendance au remembrement des petites exploitations a toutefois toujours suivi et compensé la tendance au morcellement des plantations.

À partir de la seconde moitié du 19ème siècle cependant, une troisième composante apparue, qui n'avait avant l'abolition de l'esclavage (1848) que peu d'importance : la petite propriété de moins de 3 hectares. En fait avant le décret d'abolition, la masse des noirs esclaves vivait près des habitations dans des alignements de cases aux formes géométriques. Revert (1949, p.280) estime à 79% l'importance de ce groupe qui dépendait entièrement de la plantation pour obtenir vivres et abris. Seule une minorité d'affranchis reçut des colons blancs un bout de terrain en tant qu'enfants illégitimes reconnus par les planteurs ou l'acquirent après rachat de leur liberté et constitua un groupe de gens de couleur libres. La majorité de la population à l'époque coloniale se nourrissait à même les quelques hectares que les habitations cultivaient en vivrières-maraîchères aux fins de reproduction de la force de travail. Très souvent d'ailleurs à cette époque, l'État dû intervenir par décrets pour obliger les latifundistes à cultiver une surface minimale en cultures de subsistance, voyant un danger très net dans le maintien d'une dépendance face à l'importation de l'Europe de la nourriture requise pour les travailleurs des colonies 3.

3 Certaines ordonnances émanant de la Royauté stipulaient que tout planteur devait planter 500 fosses d'ignames pour chacun de ses esclaves plus 25 pieds de bananiers, plus d'autres vivres pour une superficie d'un hectare de vivres par 10 esclaves (Lasserre, 1961, pp. 370-371).

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