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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)28

moitié du 19ième siècle, issu du groupe des affranchis "au nombre de 72.859, abandonnèrent les groupements de cases situés autour des sucreries pour habiter sur des pans de mornes vendus ou même à eux donnés par leurs anciens maîtres" (Delawarde, 1937, p.40). Le sort de ce nouveau groupe d'exploitants agricoles de couleur devint d'autant plus lié à celui des grandes plantations que non seulement leur salaire saisonnier mais leur droit de propriété d'une parcelle de terre dépendait du mouvement d'extension et de contraction des grandes plantations qui tour à tour vendaient et rachetaient des terres aux travailleurs au gré des prix du sucre et selon l'état financier de leur exploitation.

Ces petits exploitants agricoles "formèrent ainsi un nouveau secteur à l'extérieur des plantations, se livrant à des cultures secondaires d'exportation et surtout à des cultures vivrières et à d'autres activités tournées vers le marché interne. Ce 'secteur domestique' ne peut guère s'étendre étant donné sa nature marginale et la limitation des terres qu'il pouvait occuper (...) (il) ne réussit jamais à occuper que 50% de la main d'oeuvre totale 5. Cependant son apparition dans l'économie de plantation (...) signifie que la diversification de l'économie de l'île ne prit naissance qu'à la faveur des difficultés de la plantation et que la poursuite de ce mouvement se trouva freiné par le maintien des plantations" (Crusol, CERAG, no. 28 : p. 11).

Corrélativement à l'apparition de cette nouvelle classe des petits exploitants agricoles se développèrent les cultures vivrières et maraîchères qui passèrent de 9.960 hectares en 1807 à 7.697 ha en 1831, 12.853 ha en 1840, 14.180 ha en 1885 et 17.436 ha en 1895" (Kervegant, 1936, p.99). Leur développement toutefois s'est inscrit dans le mouvement d'oscillation qui fut décrit plus tôt entre grandes exploitations sucrières et petites et moyennes exploitations de cultures vivrières et secondaires et ainsi au gré des hausses des cours du sucre sur le marché métropolitain, les surfaces plantées en vivrières maraîchères baissèrent à 12.000 ha en 1911 (Kervegant, idem, p.99) et à 6.221 ha en 1935 (Recensement agricole de la Martinique, 1935).

5 Nous considérons personnellement que ce chiffre est révélateur de l'importance fondamentale de la petite exploitation agricole dans l'économie antillaise.

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