X hits on this document

323 views

0 shares

0 downloads

0 comments

29 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)29

2.1.1. La situation économique des Antilles françaises au lendemain de l'abolition de l'esclavage (1848)

Retour à la table des matières

Les années qui suivront l'abolition de l'esclavage seront donc témoins de la constitution d'une véritable paysannerie antillaise jouissant de leur liberté toute fraîche, les anciens "esclaves casés" fuiront les plantations pour aller s'installer sur les terres vierges de leurs Îles, dans les parties les plus accidentées impropres à la culture de la canne. Ils reconstitueront de "véritables coins d'Afrique, avec quelques champs cultivés selon les techniques anciennes, sans bétail, à la houe, avec des jachères longues et étendues" (Singaravelou, 1975 : 10).

L'abandon des plantations par les anciens esclaves fut toutefois plus massif en Guadeloupe qu'à la Martinique. "La faible densité de l'occupation du sol en Guadeloupe a facilité de tels déplacements. En 1848, les surfaces cultivées étaient de 31.263 ha sur une superficie totale de 164.513 ha soit 19% (...) Près des 2/3 de l'île n'étaient point utilisés : les bois et forêts s'étendaient sur 69.815 ha et les terrains non cultivés sur 39.308 ha. (Singaravelou, 1975 : 10). La pénurie de main-d'oeuvre fut moins marquée pour les plantations de la Martinique car "sur une superficie totale de 98.782 ha, les bois et forêts couvraient 23.097 ha et les terrains cultivés 18.460 ha. Les noirs libérés étaient contraints au travail sur les 'habitations' faute d'espace pour s'installer ailleurs (idem, p. 11).

Cette pénurie de main-d'oeuvre, conséquente à la libération des esclaves, eut de graves répercussions sur la production sucrière. En Guadeloupe par exemple "la moyenne annuelle de la production du sucre durant les cinq dernières années du travail servile (1843-1847) est de 31.823.328 kg de sucre brut, cette moyenne tombe à 17.226.701 kg durant les cinq années qui ont précédé l'abolition (1849-1853)" (Singaravelou, 1975 : 10). Pour lutter contre l'exode de la main-d'oeuvre deux types de mesures sont prises. Premièrement les planteurs tentent de s'attacher l'ancienne main-d'oeuvre servile, en cédant aux nouveaux libres de couleur l'usufruit à titre personnel d'un lopin de terre situé sur les limites de leurs propriétés qui finira par appartenir de fait puis de droit à leurs descendants. Certains planteurs passent des contrats de déboisements des limites des propriétés

Document info
Document views323
Page views323
Page last viewedSat Dec 03 01:05:55 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments