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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)31

donner aux usines, distilleries et plantations la force de travail nécessaire à sa reproduction élargie. L'importation d'une main-d'oeuvre étrangère, principalement indienne fut considérée dès 1848 par les planteurs comme le seul outil de lutte valable contre la pénurie de travailleurs.

2.1.2. Importance de la force de travail immigrée dans l’économie des Antilles françaises après 1848

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Le groupe ethnique qui fournit le plus de travailleurs au capitalisme sucrier des Antilles françaises après la libération de l'esclavage, fut le groupe des Indiens ou « coolies». Entreprise à grands frais dès 1854, l'immigration indienne sera réglementée par tout un ensemble de dispositions spéciales. Elle se terminera en 1884, sans avoir rempli tous les espoirs que la colonie y avait fondés. En fait, inspirés par l'exemple de la Réunion et de l'île Maurice, les planteurs antillais crurent que l'importation massive d'une main-d'oeuvre étrangère motiverait une pression a la baisse des salaires agricoles et la mise en disponibilité d'une main-d'oeuvre d'autant plus souple qu'elle n'aurait pas connu l'esclavage. Ils eurent d'ailleurs tout l'appui nécessaire des administrateurs coloniaux. Ainsi dans une lettre du 13 septembre 1851, le gouverneur de la Martinique admettait que l'immigration était "une des nécessités de l'époque" (cité par Renard, 1973 : 71). En Guadeloupe, où les grandes disponibilités de terres vierges avaient causé un exode plus marqué des anciens esclaves, la solution de l'immigration indienne est aussi retenue au dépend de l'importation de travailleurs européens ou africains. Le 4 novembre 1854, le Conseil général de la Guadeloupe déclare "l'immigration c'est tout l'avenir" (Singaravelou, 1975 : 13).

Ainsi de 1854 à 1889, 42.326 Indiens débarquèrent en Guadeloupe répartis sur 93 bateaux soit une moyenne de 455 immigrants par bateau (Singaravelou, idem : 51). De 1856 à 1906, 9.460 coolies, au moins furent rapatriés en Inde, soit 22,4% du total des Indiens introduits (Singaravelou, idem : 62). "Le 31 décembre 1892, la Guadeloupe comptait 15.947 Indiens, dont 2.392 (15%) étaient autorisés à résider librement dans la colonie et bénéficiaient du régime du droit commun. Les autres (85%) étaient des travailleurs engagés et des Indiens libérés de leur

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