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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)32

engagement, mais travaillant dans les propriétés comme colons partiaires ou journaliers" (Singaravelou, idem : 62).

À la Martinique il fut introduit de 1853 à 1884, 25.509 Indiens par 55 convois. Les naissances sur place se chiffrant à 3.966 contre 11.944 décès, et les rapatriements s'élevant à 4.260 il restait dans la colonie 13.271 coolies dont 5.079 engagés et 8.192 libérés de leur engagement (Renard, 1973 : 100).

La majorité de ces Indiens étaient originaires du Sud ou du Nord de l'Inde, appartenaient à des castes moyennes et inférieures et étaient liés aux activités agricoles dans leur pays d'origine (Singaravelou, 1975 : 30). Leur conditions de recrutement et de transport étaient des plus pénibles malgré une réglementation aussi sévère que bafouée par les profiteurs de cette nouvelle forme de "traite".

Les conditions d'engagement et d'installation n'étaient pas meilleures. L'effroyable mortalité à bord des bateaux et le nombre élevé de suicides, d'affaires criminelles et de plaintes témoignent de la rudesse de leur traitement tant pendant le transport que pendant le temps de réalisation du contrat. Le travailleur s'engageait à contrat pour une durée de huit ans à faire tous genres de travaux exigés par le bailleur, n'importe où il le désirera, maisons, champs, usines, villes ou campagnes. Le contrat est transférable sans avis à un autre bailleur (voir Annexe 1 pour copie d'un contrat type). Comme le mentionne Renard, ce n'est ni plus ni moins qu'une forme de bagne camouflé.

L’accusation de traite déguisée portée contre cette immigration est aussi applicable aux 5.915 travailleurs noirs importés d'Afrique en Guadeloupe entre 1857 et 1861 avec les mêmes types de contrat (Singaravelou, 1975 : 16) aux 10.251 Africains introduits à la Martinique de 1857 à 1862 (Renard, 1973 : 110), de même qu'aux 978 Chinois qu'accueillit la Martinique en 1859-1860. Ces apports ethniques, qui ne cachent en fait qu'une traite planifiée de force de travail ont donné lieu à des exagérations de toutes sortes. Le recrutement de prisonniers africains a donné lieu en Afrique même à un vaste mouvement d'incarcérations sans motifs qui ressemblait de très près à la chasse aux esclaves. Aux colonies on obligeait presque les immigrants à contracter un nouvel engagement en les faisant attendre leur rapatriement jusqu'à ce qu'ils n'aient plus d'économies. Les habitudes prises par les planteurs aux temps de l'esclavage sont difficilement laissées de côté dans le traitement de ces contractuels.

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