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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)35

pays de canne à sucre fut universelle au 19ième siècle" (Lasserre, 1961 : 404). Le caractère vétuste des anciennes sucreries, la pénurie de main-d'oeuvre et l'apparition de nouvelles technologies furent les principaux facteurs qui incitèrent les planteurs antillais à regrouper leurs terres, ou tout au moins leur production qu'ils enverront aux puissantes usines centrales dont l'établissement sera financé à la Martinique par les Blancs créoles, en Guadeloupe par des capitaux métropolitains.

C'est à cette époque que la Martinique se différenciera de la Guadeloupe. Étant aux mains d'un groupe de Blancs créoles jouissant d'une cohésion remarquable, l'économie martiniquaise résistera mieux que la Guadeloupe à la poussée du capital métropolitain. En effet pendant que la Guadeloupe, a l'époque de la Révolution française était "sauvée" de la conquête anglaise par le révolutionnaire Victor Hugues, et que la révolution disséminait les rangs des Blancs créoles de cette île, la Martinique de son coté, protégée par l'occupation anglaise conservait la même structure sociale. Ce fait historique d'une importance déterminante permit aux Blancs créoles martiniquais de racheter avec l'aide des fonds publics, la plupart des plantations expropriées par les révolutionnaires, qui soit redeviennent de grandes plantations sucrières soit furent morcelées en petites exploitations agricoles. "Il en était tout autrement en Guadeloupe l'importance des terres en friches ou en bois debout, la possibilité de multiplier les concessions forestières, le grand nombre des ventes volontaires, rendaient moins nécessaire l'intervention du Conseil Général en faveur de la petite propriété. Quant aux grands propriétaires fonciers, loin de pouvoir arrondir leur domaine, ils avaient toutes les peines du monde à sauver leur habitation de la faillite" (Lasserre, 1961 : 402). En conséquence, les capitaux métropolitains ont pu investir li­brement dans l'achat des terres et la construction des usines. Vers 1960, 85% à 90% des bénéfices réalisés par l'industrie sucrière échappaient aux Guadeloupéens (Lasserre, 1961 : 405). À la même époque la proportion était inverse pour la Martinique.

En conclusion de cette époque post-esclavagiste nous citons Renard : "Le malaise quasi permanent qui a régné sur la vie économique de 1848 à 1870, tient à des causes non moins permanentes qui n'ont rien à voir avec l'abolition de l'esclavage. Ces causes sont, rappelons-le, le déficit de la balance commerciale d'un petit pays qui achète tout ce qu'il consomme et plus qu'il ne vend, l'instabilité

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