X hits on this document

414 views

0 shares

0 downloads

0 comments

36 / 158

Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)36

monétaire conséquence de ce déficit le système de la monoculture qui fait dépendre la prospérité du cours variable d'un unique produit, le taux élevé du prix de revient du sucre dû à un système agricole archaïque et routinier... (Renard, 1973 : 216).

On peut donc parler d'une triple origine de la petite propriété aux Antilles françaises. Elle fut constituée :

l/ Par le partage de certaines "chasses" ou terres boisées des mornes, faits par quelques planteurs aux profits d'enfants illégitimes. Ce groupe des Noirs et Mulâtres libres était relativement important même avant 1848.

2/ Par l'installation des anciens esclaves qui ont préféré s'éloigner des habitations au lendemain de la libération et de vivre sur des exploitations qu'ils s'appropriaient :

a)sur les terres vierges des mornes en marge des zones sucrières ;

b)sur des parcelles achetées à des habitations qui mettaient en vente une partie du bien foncier pour payer les frais des fréquentes crises sucrières ;

c)sur des parcelles mises en disponibilité par le Crédit Foncier qui expropria plusieurs domaines faute du paiement de leurs anuités, les racheta et les lotit et ce principalement à la fin du 19ième siècle ou le prix du sucre passa de 100 F le quintal en 1870 à 30 F en 1895 ;

d)sur des concessions forestières, en particulier en Guadeloupe ou environ un millier de lots de 1 à 2 ha auraient mis en disponibilité entre 1898 et 1922 (Lasserre, 1967 : 112) ;

e)sur des lots concédés aux sinistrés de catastrophes naturelles (surtout à la Martinique après l'irruption de la Pelée en 1902).

3/ Par l'installation des anciens esclaves qui n'ont pu se détacher des plantations et se virent attribuer des parcelles, parfois au coeur des zones sucrières, mais souvent à leur périphérie, se constituant ainsi en colons partiaires. Ces terres furent fournies principalement par les grandes usines centrales apparues à la seconde moitié du 19ième siècle en remplacement des multiples petites usines à technologie archaïque. Requérant une main d'oeuvre nombreuse et une fourniture régulière en canne à sucre et faisant face à une rareté de main-d'oeuvre, de nombreux grands propriétaires offrirent une case et un petit jardin

Document info
Document views414
Page views414
Page last viewedThu Dec 08 12:20:25 UTC 2016
Pages158
Paragraphs2790
Words49284

Comments