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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)37

vivrier à ceux qui voulaient demeurer attachés au domaine. "Le colon devait travailler 1 à 2 ha en métayage à charge pour lui de livrer ses cannes au propriétaire de l'habitation et de faire quelques tâches en tant que salarié pour le géreur de la propriété" (Lasserre, 1967 : 111). La grande majorité des petites exploitations agricoles qui couvrent le territoire actuel des Antilles françaises constituent les vestiges morcelés des petites propriétés qui se sont constituées durant la deuxième moitié du 19ème siècle. On peut donc considérer que dès sa naissance et par le jeu des facteurs socio-économiques et politiques qui ont déterminé son apparition, le petit paysannat martiniquais n'a jamais constitué un tout homogène et indépendant du système de plantation. En fait la classe paysanne fut divisée en trois fractions de classes : les salariés agricoles, les petits colons et fermiers, et les petits exploitants agricoles indépendants. Ces diverses tranches de la population rurale, comme nous le verrons plus en détail dans la suite de ce travail, se différencient moins par une position structurelle différente par rapport aux divers moyens de production (nous verrons que même les petits exploitants agricoles "indépendants" n'ont pas de véritable contrôle sur la nature et l’orientation de leur travail agricole) que par une différence dans les modalités de la vente de leur force de travail au capitalisme sucrier, bananier, ou autres.

Le but de ce travail sera de déterminer et d'analyser les divers facteurs économiques sociaux et culturels qui sont à la base de la tendance générale à la prolétarisation des petits exploitants indépendants et à la disparition graduelle des classes de paysans aisés et moyens.

2.2. ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE FONCIÈRE DEPUIS 1935

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Le mouvement de balancier que nous avons observé dans le développement relatif de la petite et de la grande propriété agricole depuis le début de la colonisation à la Martinique s'est poursuivi au 20ième siècle. Suite à la phase de morcellement qui a marqué la toute fin du 19ième siècle et conséquemment à la chute des cours du sucre, nous assistons à une phase de développement de la grande propriété entre 1911 et 1936, pendant laquelle les exploitations de plus de

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