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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)38

100 ha sont passées de 36.207 ha en 1911 à 48.892 ha en 1935 soit 60,78 % de la surface totale (Revert, 1949 : 267). Cette dernière phase de regroupement laissera de nouveau place au morcellement au lendemain de la seconde guerre mondiale où les Antilles françaises connaîtront un développement sans précédent de la petite exploitation agricole de moins de 3 hectares.

L'analyse du tableau no.2 (page suivante) montre que de 11.800 ha en 1935, la superficie en petites propriétés est passée à 30.000 en 1973. Même si l'on retranche à ces 30.000 ha les 8.000 ha que constitue la différence entre les deux modes de recensement, on obtient encore une superficie double de celle de 1935, soit près de 23.000 ha.

Aussi si on prend globalement la classe des grandes propriétés, définies par les plus de 40 ha, on remarque que la superficie couverte passe de 59.500 ha en 1935 à 46.100 ha en 1973, soit une diminution de plus de 13.400 ha (23%). Toutefois la grande propriété ne peut être analysée en bloc. Une analyse des diverses classes montre que c'est de loin la classe de 200 à 500 ha qui est la plus touchée, perdant 10.400 ha soit près de 50% de sa superficie. La classe des 100 à 200 ha perd 5.300 ha (30%) et celle des 40 à 100 ha perd 1.750 ha (16%). On observe donc pour l'ensemble de ces trois classes de grandes propriétés une perte totale de 17.450 ha. Toutefois cette déstructuration de la grande propriété n'a pas profité uniquement aux petites exploitations agricoles car 4.000 ha ont été récupérés par la classe de 500 ha et plus et 2.200 ha par la moyenne propriété, ces deux dernières classes accroissant leur superficie respectivement de 40% et 24%. Reste 11.250 ha qui furent récupérés par les propriétés de moins de 10 ha. Quand on sait que les opérations de réforme foncière n'ont porté pendant cette période que sur 3.000 ha, on mesure encore davantage l'ampleur du mouvement libre de mutation vers la petite exploitation agricole.

On observe donc à la Martinique un mouvement de polarisation dans la structure foncière, où les deux pôles sont représentés par la petite propriété agricole de moins de 10 ha, voire surtout celle de moins de 3 ha, et la très grande propriété de plus de 500 ha. On assiste ainsi moins à une destructuration de la grande propriété qu'à une redéfinition de cette dernière où l'habitation familiale de 500 ha et moins fait place aux exploitations des sociétés anonymes et des grands capitaux métropolitains, mieux équipés pour contrer les caprices et exigences du marché.

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