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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)40

déjà en 1978 pris le contrôle des deux seules usines à sucre de l'île.

Toutefois si l'on établit une comparaison au niveau des types de plantation entre la Martinique et les autres Îles de l'archipel antillais et ce en fonction de la répartition des propriétés entre les groupes de propriétaires (autochtones, métropolitains, étrangers), on remarque que "dans ce cadre, la Martinique semble se situer à un extrême de la zone de variabilité possible. Malgré les transformations imposées par l'industrialisation, la propriété terrienne reste largement organisée sur des bases qui s'inscrivent dans la suite directe du 18ème siècle" (Benoist, idem : 149). En fait, contrairement à ce qui se passa dans les îles où le groupe des grands propriétaires terriens ne présentaient pas un taux aussi élevé de cohésion et d'homogénéité, la grande propriété martiniquaise résista à l'entrée du capital extérieur à l'époque de la concentration des usines à la fin du 19ième siècle. Les grandes familles de planteurs blancs créoles regroupèrent dans plusieurs cas leurs habitations autour d'usines centrales qu'ils financèrent en partie avec leurs propres fonds en partie avec des fonds prêtés par la classe des commerçants blancs créoles de St-Pierre. Les sociétés anonymes familiales s'imposèrent alors comme le mode original de défense de la classe des Blancs créoles contre l'expropriation par le capital métropolitain. La désorganisation de la classe des "békés" en Guadeloupe au lendemain des troubles de 1789 eut au contraire comme conséquence la prise de contrôle d'une grande partie des habitations et des usines à sucre par ce capital extérieur (métropolitain et martiniquais). La forte cohésion sociale des Blancs créoles en Martinique doit donc être considérée à côté des facteurs purement économiques comme un facteur sociologique déterminant dans l'évolution de la grande propriété agricole. De là "l'étroite corrélation entre les types de plantation et les relations sociales au sein de la plantation comme à l'extérieur de celle-ci implique que la permanence des structures martiniquaises a pour corollaire une certaine continuité des rapports entre les groupes sociaux qui s'y intègrent, tandis que les ruptures historiques survenues à St-Domingue et à la Guadeloupe auraient amorcé d'autres formes de relations" (Benoist, 1968 : 149).

La situation diffère quelque peu en Guadeloupe. Le tableau suivant qui date de 1952 nous donne une idée de l'état de la propriété dans ce département.

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