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Raymond MASSÉ, LA FIN DES PLANTATIONS ?... (1980)44

Le tableau 5 nous donne des informations plus précises sur l'état actuel de la structure foncière à la Martinique. Ce tableau nous montre surtout l'importance d'une micro-propriété de moins de 0,50 ha et d'une petite propriété de 0,50 à 3 ha qui regroupent respectivement 46,9 % et 31,1% de tous les exploitants agricoles. Ainsi 85% des petits exploitants agricoles de la Martinique sont confinés sur 17,7% des terres, pendant que 14,1% des propriétaires possédant de 3 à 50 ha exploitent 31,1% des terres et 0,9% sont propriétaires de plus de 50 ha et contr6lent 51,2% des terres agricoles. Cet héritage de la structure coloniale contribue à maintenir à la Martinique et à la Guadeloupe, au niveau de la structure foncière tout au moins un caractère de sociétés de plantations. Nous verrons plus loin toutefois, que ce caractère colonial et plantocratique n'est plus valide qu'à ce seul niveau de la structure foncière, le mode de propriété, la nature de la production agricole, les lois du marché, les conditions de production, etc., ayant été modifiées sous l'impact de pressions technologiques, économiques et politiques au point de conférer au système productif de ces départements français d'Outre-Mer un nouveau caractère néo-colonial.

La masse des petits exploitants agricoles se répartit de façon particulière à la Martinique. Les terres planes en basse altitude étant réservées presque exclusivement à la grande plantation sucrière, les petites propriétés se retrouvent sur les terres en altitude de 100 à 300 mètres, sur les terrains à forte pente, les moins propices à une agriculture mécanisable, en marge de la grande propriété. On peut cependant observer certaines enclaves de petites propriétés au coeur de zones de grandes plantations. C'est le cas surtout dans la périphérie de St-Esprit, Vauclin, Rivière-Pilote, où des jardins ont été vendus par des grands planteurs à des travailleurs dans le but de s'attacher une main-d'oeuvre de plus en plus rare et instable au tournant du siècle.

Le Recensement Général de l'Agriculture effectué en 1973-75 nous fournit une bonne indication de la structure foncière aujourd'hui.

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